Raphaël, p
PAGES D’HISTOIRE ET DE LITTÉRATURE
publiée, aucune trace de relation entre Madame Charles et la famille de Lamartine. La mère du poète ignora toujours les sentiments de son fils pour Julie, et, si elle soupçonna une femme dans les mélancolies du jeune homme, ses soupçons ne se précisèrent point. Mais ce n’est point une raison pour accuser Madame Charles d’avoir eu recours devant le baron Mounier à un petit artifice de langage.
Les perpétuelles demandes de services où s’emploie cette dame nous mettent à chaque instant sous les yeux des noms nouveaux. Celui de M. de Saint-Morys n’est pas tout à fait inconnu. Le comte de Saint-Morys, ancien émigré, était alors lieutenant des gardes du corps. C’était un royaliste voltairien et un homme d’esprit. 11 fut tué en duel à Paris, le 21 juillet de cette même année 1817.
Pseudo-Raphaël parle beaucoup des promenades que, durant son séjour à Paris, il faisait seul à pied avec Madame Charles dans les bois de Fleury et de Meudon. « Le vieillard, dit-il, encouragea ces courses dans les belles forêts autour de Paris L »
Ils s’asseyaient sous les arbres, et l’on nous dit même que, sous un de ces arbres, Julie, athée jusque-là, crut subitement en Dieu. Mais nous voyons que Madame Charles était bien malade pour courir les bois l’hiver et, comme nous savons d’ailleurs qu’en mai Lamartine avait déjà quitté Paris, il reste peu de temps pour ces courses amoureuses.
Lamartine alla à Moulins, puis à Mâcon. Ils ne devaient plus se revoir.