Page 100 de l’édition Charavay
HENRIETTE D'ANGLETERRE
car cette charmante ïlenriette était, avec beaucoup d’intelligence, de droiture et de bonté, une terrible étourdie. Heureusement madame de La Fayette avait dans l’esprit autant d’adresse que de sincérité; elle savait tout dire. L’idée de cette histoire fut laissée par fantaisie comme elle avait été prise. Mais en 1669, Madame (son mariage avec le duc d’Orléans donnait ce titre à la princesse d’Angleterre), ayant fait ses couches à Saint-Cloud et n’ayant qu’une cour peu nombreuse, se rappela cette idée et dit qu’il fallait la reprendre. Elle fut si contente de ce qu’écrivit madame de La Fayette, qu’elle y ajouta quelques morceaux de sa main. La comtesse prit soin de les marquer d’un signe qui s’est malheureusement perdu à l’impression. Petitot^ crut retrouver un de ces morceaux dans la quatrième partie; on y lit :
« 11 (le Roi) envoya prier Montalais de lui dire la vérité : vous saurez ce détail d'elle. Je vous dirai seulement que le maréchal (de Gramont), qui n’avoit tenu que par miracle une aussi bonne conduite, etc., etc.*. »
Petitot remarque d’abord que ce passage est écrit à la première personne et que tout le reste du livre Fest à la troisième. 11 fait observer ensuite que la phrase : « Vous saurez ce détail d'elle », n’a de sens que si c’est Madame elle-même qui renvoie la comtesse de La Fayette à mademoiselle de Montalais pour s’informer plus amplement. Petitot a raison ; on ne conçoit pas la comtesse parlant au public, ou, pour mieux dire, à la bonne compagnie pour laquelle elle écrivait, et disant : « Une fille de Madame,
1. Notice sur madame de La Fayette, collect. Petitot, t. LXl V, page 360.