Voir p. 138 de rédition Charavay
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HENRIETTE D'ANGLETERRE
Rabutin^, qui n’en était pas l’auteur mais à qui sa mauvaise réputation le fit attribuer.
Ce petit ouvrage, dont vous avez lu plus haut quelques lignes, est d’un ton décent et fort poli. L’auteur connaissait assurément le comte de Guiche qu’il représente comme un personnage affecté et comme un amant nuageux. 11 fait parler Montalais^* avec un grand air de vérité et donne à Madame une coquetterie naïve et facile, un goût d’aimer, une douceur fine qui ne vont point à l’encontre de ce qu’on sait mais qui vont bien au delà.
Nous avons d’autres témoins (si tant est qu’il y ait des témoins en ces sortes de choses). Madame de Motteville nous apprend que la Reine mère, « qui condamnoit la conduite apparente de Madame, la croyoit en effet pleine d’innocence ». Cette bonne dame de Motteville, sévère comme sa maîtresse pour les « jeunes erreurs », ne voyait du moins dans le passé de Madame « rien de criminel ». Madame de La Fayette, aussi croyable et mieux avertie, fait entendre suffisamment que les galanteries de Madame restèrent dans l’innocence. Car, après les avoir racontées, elle rapporte cette parole d’Henriette, mourante et se sen-
1. Tome II, p. 99. On en connaît au moins trois manuscrits, tous plus complets que l’imprimé de 1754. Un de ces manuscrits a servi à M. Charles Livet pour sa publication de La Princesse dans le troisième volume de Yllistoire amoureuse des Gaules, édition JanneÇ La Bibliothèque nationale en possède deux; l’un fait partie d’un recueil de pièces satiriques et a pour titre .’ Histoire de Madame et du comte de Guiche, de madame la comtesse de Soissons et de M. de Wardes (in-4® f. fr. 15229). L’autre, intitulé Histoire des amours de -l/atiawe, est précédé d’une relation confuse et erronée des relations de Louis XIV avec Madame qui ne peut être du même auteur que le reste (in-8“, f. fr. 13777). Nous donnons en appendice deux frag-ments de ce libelle.