La Princesse, voir la note delà page
lOI
PAGES D’HISTOIRE ET DE LITTÉRATURE
Je n’ai point, comme M. Feuillet, que vous allez connaître^ le cœur à dire des duretés. Encore disait-il les siennes à Madame, dans l’exercice de son ministère, quand elle était vivante et pouvait les entendre. Dès que nous rentrerons dans le temps présent nous ne relâcherons rien de la plus stricte morale; mais pourquoi froncer le sourcil quand il s’agit des dames du temps jadis? Ce qui est fait est fait.
Cette jeune princesse ne s’en fit pas moins un grand tort par ses étourderies, et ce que le public apprit de ses aventures avec M. de Guiche fut matière à calomnie. Ceci m’amène à compléter sur un point le récit de madame de La Fayette. Elle dit que toute cette affaire de Guiche fit un bruit fâcheux. 11 y avait là-dessus une anecdote que Madame ne lui fit point écrire, non qu’elle l’eût oubliée, mais plutôt parce que le souvenir lui en était pénible et qu’elle voulait l’étouffer. C’était celui d’un manuscrit intitulé : Les Amours de Madame et du comte de Guiche, qui courait Paris et s’imprimait en Hollande. Elle chargea M. de Cosnac, évêque de Valence, d’en avertir Monsieur, pensant bien qu’il ne manquerait pas de gens pour le faire avec moins d’adresse ou de charité. En effet, l’évêque de Valence fut devancé. Mais Madame avait à cœur de faire disparaître l’édition. Cosnac la fit racheter par l’intermédiaire de Charles Patin, fils du célèbre médecin Guy Patin. Madame en était quitte pour la peur; du moins, elle croyait l’être, mais quelques exemplaires du libelle furent conservés et le texte reparut en 1754 sous le titre de La Princesse ou les amours de Madame dans Y LIistoire amoureuse de Bussy-