VI. — De la vie de Madame a partir du printemps
DE MIL SIX CENT SOIXANTE-CINQ, ÉPOQUE A LA¬ QUELLE s’arrête le Récit de madame de La Fayette.
Le récit de la comtesse de La Fayette s’arrête court {nous l’avons dit) au printemps de 1665 sur la dernière entrevue du comte de Guiche et de la Princesse. On pourrait le regretter pour la gloire de Madame dont la pensée prenait dès lors plus de gravité, de' sagesse et d’étendue; mais le cahier abandonné était si bien destiné à recevoir des récits de galanteries, qu’on conçoit qu’il ait été laissé précisément dans le temps où la vie de Madame ne fournissait plus de sujets de ce genre. Il était complet. Qu’après le départ du comte de Guiche, Monsieur, entré brusquement dans le cabinet de Madame, l’ait trouvée « ayant un petit portrait du duc de Luxembourg dans la main et une lettre de lui devant elle », comme le dit le libelliste^, c’est une aventure qui fit peu de bruit dans une Cour où tout se savait. Pour retourner le proverbe, à voir si peu de fumée on ne peut croire qu’il y eut grand feu. Et, si Madame dansa en 1668 des contredanses avec son jeune neveu de la main gauche, le duc de Monmouth^, âgé alors de dix-neuf ans, il nous est impossible de voir en cela l’indice d’une intrigue. Monsieur, averti par le
1. Voir La Princesse, à la fin de l’édition Charavay. Je cite ici d’après le ms. de la Biblioth. nat., f. fr. 13777.