‹ Œuvres complètes [illustrées] (volume 4)Chapitre 62 sur 159 · XXIV · texte numérisé non relu

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PAGES D'HISTOIRE ET DE LITTÉRATURE

humides, cueillant des Heurs dont vous nous contiez bien joliment la vie et les amours. Vous aviez encore dans votre souvenir quelque mignon poème sur ce sujet, et vos vers trahissaient un si tendre amant de tout ce qui est beau, qu'on pensait bien, en les écoutant, que vous aviez respiré toutes les Heurs de la nature, même les ardentes Heurs ([u’il est à la fois si doux et si cruel d’aimer ; "Ho-.o-rov TaÙTÔv 9’ ap.a. G’est notre vieil Euripide qui le dit, cher

docteur! La plus charmante et la meilleure des hôtesses vous taquinait un peu là-dessus; sous son aiguillon délicat, votre esprit s’animait, et vous nous disiez, avec un mélange exquis de douceur et de vivacité, les plus jolies choses du monde.

Puis, vous ajoutiez avec un sourire : « Je suis un grandpère! » Et, pour nous le prouver, vous nous disiez quelque fable dédiée à vos petits-enfants. I.a fable était excellente ; vos petits-enfants sont très beaux. Heureux poète, heureux grand-père !

J’aime beaucoup vos vers, cher Docteur; je les aime parce que vous les donnez comme un arbre donne ses fruits, et qu’il est visible qu’ils ne vous ont coûté ni peine ni contrainte. Je les aime parce qu’ils parlent aisément de toutes les belles choses de la vie.

Tous ne sont pas d’un grand-père. Cela doit tenir à ce que vous ne l’avez pas toujours été. 11 y a des gens qui naissent vieux. Vous, cher Docteur, vous resterez toujours jeune. C’est un don des Muses. Médecin et poète, vous me faites songer à ce Nicias à qui Théocrite écrivait :

« Ni les onctions ni les poudres ne sont un remède à

VIEUX PÉCHÉS

l’amour; il n’en est d’autre que les Muses. Ce remède, qui allège et réjouit, est accessible aux hommes, mais il n’est pas facile de 1 acquérir. Tu le connais, étant médecin et très cher aux neuf sœurs. »

\ ivez, chantez, et croyez-moi votre ami.

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