Raphaël, p
PAGES D’HISTOIRE ET DE LITTÉRATURE
âgé* » venait de temps en temps, au nom de l’Empereur, visiter la maison d’éducation nationale et s’informer du progrès des études. Ce vieillard regardait la jeune créole avec prédilection. Dès qu’elle eut dix-sept ans, comme elle était près de quitter le pensionnat et d’entrer dans le monde, où elle n’avait ni biens, ni parents, ni amis, il lui offrit sa propre maison et lui proposa d’accepter « aux yeux du monde et pour le monde seulement, le nom, la main, l’attachement d’un vieillard qui ne serait qu’un père, sous le titre d’époux* ».
Elle ne refusa point cet asile honorable et sûr; le jour où elle sortit de pension, elle entra dans la maison du vieillard qui ne souffrit point qu’elle l’appelât jamais d’un autre nom que celui de père. Cette partie du récit que M. de Lamartine met dans la bouche de Julie soulève d’insurmontables difficultés. En parlant d’une de ces maisons somptueuses où l’Etat recueille les fdles des citoyens morts pour le pays, il semble que le poète veuille désigner Saint-Denis, Ecouen ou les Loges. Mais les trois maisons d’éducation de la Légion d’honneur ne furent créées qu’en 1805, et nous allons voir que Mademoiselle des Herettes se maria en 1804.
Nous savons d’ailleurs, par une lettre qu’on va lire, que Julie des Herettes avait encore son père et qu’elle habitait avec lui la Grange, près Tours, lorsqu’elle épousa un vieillard « célèbre et âgé ». Ce père paraît avoir été un hobereau buveur, querelleur, n’estimant rien tant que ses fusils et ses chevaux, jurant, sacrant, faisant enrager tout le monde