A FRÉDÉRIC PLESSIS
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Je touche en ce livre à des choses grandes et délicates , auæ choses religieuses. J’ai refait le rêve des âges de foi; je me suis donne l illusion des vives croyances . C'eut été trop manquer du sens de l’harmonie que de traiter sans piété ce qui est pieux. Je porte aux choses saintes un respect sincère.
Je sais qu il n’est point de certitude hors de la science. Mais je sais aussi que les vérités scientifiques ne valent que par les méthodes qui y conduisent et que ces méthodes sont inaccessibles au commun des hommes. C’est une pensée peu scientifique que de croire que la science puisse un jour remplacer la religion. Tant que l’homme sucera le lait de la femme, il sera consacré dans le temple et initié à quelque divin mystère. Il rêvera. Et qu’importe que le rêve mente ,
^ il est beau? N est-ce pas le destin des hommes d’être plonges dans une illusion perpétuelle ? Et cette illusion n est-elle pas la condition même de la vie?