‹ Œuvres complètes [illustrées]Chapitre 73 sur 119 · LA MUSE · texte numérisé non relu

LA MUSE

Musique avant le lever du rideau.

Hellas, ô jeune fille, ô joueuse de lyre !

Toi dont la bouche aimait les baisers et le miel, Ingénieuse enfant qui mêlais ton sourire Aux sourires légers de la mer et du ciel,

Tous tes jours s’écoulaient en des heures égales, Et, quand la grande Nuit argentait les chemins, Tu méditais, heureuse, au bruit clair des cigales, Les heures, les saisons et les travaux humains.

POÉSIES

0 fille de la mer, assise aux plages blondes!

Ton sein a contenu la belle volupté,

Et la sainte harmonie a de ses grandes ondes Empli ton chant d’amour abondamment jeté.

Moi, cet enfant latin qui te trouva si belle Et qui nourrit ses yeux de tes contours divins,

J ai, pour te peindre encore en un tableau fidèle, Accompli des labeurs qui ne seront pas vains.

D’autres ont exprimé ton enfance tranquille, Lorsque de la fontaine où respiraient tes Dieux Tu revenais, portant au front Turne d’argile.

Tant de paix convient mal à mon cœur anxieux.

Moi, j’ai mis sur ton sein de pâles violettes,

Et je t’ai célébrée, alors qu’un Dieu jaloux, Arrachant de ton front les saintes bandelettes, Sur le parvis rompu brisa tes blancs genoux.

Dans le monde assombri s’effaça ton sourire;

La grâce et la beauté périrent avec toi ;

Nul au rocher désert ne recueillit ta lyre,

Et la terre roula dans un obscur effroi.

Hellas, ô blanche sœur des muses, je t’ai peinte Belle et pleine d amour en tes derniers moments, Pour que ceux qui verront les Noces de Corinthe En aiment plus la vie et soient doux aux amants.

RIDEAU

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