SCÈNE PREMIÈRE LE PÊCHEUR OLPIS
Il pose à terre ses paniers vides et s’assied, accablé de fatigue et de vieillesse, sur les degrés rompus du temple.
La route est lente, hélas! de la ville à la mer,
Et la fatigue est prompte. Et le pain est amer A qui le va gagner dans les cités avares.
Les poissons à présent, plus maigres et plus rares, N’appesantissent plus ma nasse et mon fdet,
D où jadis une proie abondante roulait,
Espoir d’un riche gain, dans ma barque joyeuse.
Les Dieux n’assistent plus ma vie industrieuse.
Et voici que ce jour, en vidant mes paniers,
Les femmes de Corinthe avec leurs cuisiniers N ont sur mon étal nu jeté que treize oboles,
Car la femme est avide et fertile en paroles.
Il reprend ses paniers.
Les hommes sont mauvais, cet âge est dur; les Dieux
Ont quitté sans retour un peuple injurieux.
POESIES