UN CHŒUR LOINTAIN DE JEUNES HOMMES
chantant un épithalame.
Hymen, Hymen aux beaux flancs!
Hespéros se lève.
Viens à nous, la nuit est brève;
Hâte tes pieds blancs!
DAPHNÉ
Mais il me semble entendre Un invisible chœur et des appels lointains Qui hâtent une vierge à de nouveaux destins.
LE CHŒUR se rapproche.
Accours, la nuit brève est bonne Et douce aux aveux!
Viens, portant dans tes cheveux La verte couronne!
POÉSIES
DAPHNÉ
De fleurs pour le festin leur chevelure est ceinte,
Car l’épouse a promis et la promesse est sainte.
LE CHŒUR, plus proche encore.
O prince aux sandales d’or,
Hymen, Hyménée!
Reçois la vierge amenée Qui te crains encor.
DAPHNÉ
Amis, ne venez pas; n’approchez pas, amis.
Je ne suis pas parée et, bien qu’ayant promis,
Sur mon front négligé les fleurs de marjolaine N’exhalent pas encor leur odorante haleine.
LE CHŒUR suit sa route et s’éloigne.
La beauté qui brille en elle Sied à ton dessein :
Hymen, tire de son sein La vie éternelle!
La musique cesse.
DAPHNÉ
Où s’en vont loin de moi les chansons et les pas? Les amis de l’époux ne me chercheront pas!
Pourtant j’aurais porté dans la chambre choisie Les parfums d’un amour plus doux que l’ambroisie. Ton épouse étrangère, Hippias, crois-tu bien Qu’elle ait un cœur plus sûr et meilleur que le mien
LES NOCES CORINTHIENNES
Silence de la nuit! nuit froide et solitaire!
Non, je n attends plus rien de l’homme et de la terre.
Elle détache de son doigt l’anneau d’or.
0 fontaine! où Ion dit que dans les anciens jours Les Nymphes ont goûté d’ineffables amours,
Fontaine à mon enfance auguste et familière!
Reçois de la chrétienne une offrande dernière.
0 source! qu’à jamais ton sein fidèle et froid Conserve cet anneau détaché de mon doigt,
L anneau que je reçus dans une autre espérance.
Elle jette son anneau dans la source et va au temple.
Réjouis-toi, Dieu triste à qui plaît la souffrance!
Musique.
RIDEAU