KALLISTA, HERMAS
HERMAS
Les grappes ont jailli, dans la cuve pressées! Femme, une sombre humeur attriste tes pensées, Mais les Dieux ne t ont pas refusé la raison.
Oi , une bonne épousé a qui plaît la maison Se réjouit de voir croître les biens du maître.
Sois heureuse en ce jour comme il convient de l’être. Car la vendange est belle. Io! les raisins noirs De leur chaude liqueur ont comblé mes pressoirs : Iacchos m est ami. La demeure est en joie,
Quand le robuste dos des jeunes hommes ploie
LES NOCES CORINTHIENNES
Sous la hotte qu emplit la vierge en souriant.
Les vierges ont de pampre orné leur front brillant.
Elles portent aussi la pesante corbeille,
Mais leur pied au pressoir d une plante vermeille Ne foule pas la grappe, et les jeunes garçons Font seuls jaillir le vin au rythme des chansons.
Car il sied de presser le raisin d’un pied ferme Pour exprimer le jus onctueux qu’il renferme.
Les vieillards, quand leur lèvre a goûté le vin doux, Sentent un feu subtd delier leurs genoux;
Ils dansent, agitant leur chevelure blanche.
La vierge au bois ombreux dort sur sa belle hanche.
Le jeune homme la cherche : ïacchos l a soumis Et l’excite à des jeux qui ne sont pas permis.
Donc, réjouissons-nous des biens qu’un Dieu nous donne, Et qu’avec nous Daphné, ma gloire et ma couronne, Daphné, ma fille, honneur de mon front blanchissant, Vienne éclairer ce jour d’un sourire décent.
KALLISTA
La véritable joie, Hermas, a l’apparence
De la tristesse humaine et croît dans la souffrance;
Elle est intérieure et sainte. Il est écrit :
« Veillez, priez. Malheur à celui-là qui rit.
Tu n’imiteras pas la veuve consolée
Qui va dans les festins et chante non voilée. »
Daphné, ceinte de fleurs pour le banquet divin,
Aux coupes des païens ne boira pas le vin.
Hermas! Hermas! tu ris, tu chantes : le temps passe, L’heure est proche... Mais nul n’est sauvé sans la grâce.
POÉSIES
HERMAS
Je ne suis pas devin, et ton discours est tel Qu’il semblerait obscur à tout homme mortel.
Sphinx même, vierge ailée en énigmes féconde, Enveloppait ses chants d’une ombre moins profonde. Peut-être un Dieu t’agite et trouble ta raison; Peut-être tu languis d’un charme ou d’un poison.
Kallista sort.