SCÈNE XII
DAPHNÉ, puis LA NOURRICE.
DAPHNÉ
Kharito, Kharito ! viens, ma vieille nourrice.
Ecoute; tu connais Hippias de Théra...
Si tu n écoutes pas, ta Daphné périra,
Et tu ne veux pas, toi, très bonne, que je meure.
Hippias est parti, chassé de la demeure.
11 a dû, puisqu’il m’aime, être lent à me fuir.
Le regret alourdit ses sandales de cuir.
Kharito 1 excellente, ô nourrice, ô berceuse!
Rends prpjïrjjte en ma faveur ta jambe paresseuse.
Va vite; suis ses pas empreints au sable fin,
Va vers la source en fleurs, cours, cherche, trouve enfin, Et dis-lui qu il m’attende au retour des étoiles,
Sur la route où les pins tendent leurs sombres voiles,
LES NOCES CORINTHIENNES
Devant le grand tombeau dont la porte est de fer. lu tardes; hâte-toi, va, cours : le temps est cher.
LA NOURRICE
0 mon enfant! j’irai, bien qu’il ne soit ni sage Ni glorieux pour moi de faire un tel message.
Mais je t’aime; et souvent, pour servir les amis,
Il convient d’accomplir ce qui n’est pas permis.
DAPHNÉ
Cours et reviens. Je veux, souple au destin contraire, Faire un lit nuptial de mon lit funéraire.
RIDEAU