DAPHNÉ, KALLISTA
KALLISTA
Je laverai la dalle
Que toucha de son pied cet homme de scandale. Je sais, ô mon enfant! que Dieu te protégea Quand sous le souffle impur tu chancelais déjà. Contre le Tentateur le jeûne est ta cuirasse,
Et le nom de Jésus est l’épieu qui terrasse.
Or, pour dompter la chair prompte aux rébellions Tenons-nous prosternés, gémissons et prions. Attendons qu’en nos corps humiliés de cendre Les grâces et le sang du Christ veuillent descendr Ma fille, encore un jour, et l’Arche du salut, Ouverte heureusement par le Dieu qui t’élut, Abritera ton âme et ta robe de vierge Contre le siècle impur que le péché submerge.
Je vois, j’entends. Le Fils de l’homme est revenu; Les tombes des enfants d’Adam Font reconnu Et s’ouvrent. Voici l’heure, et le fléau de l’Ange De la paille et du grain discerne le mélange.
Les célestes clairons déchirent l’univers.
0 ma fille! suis-moi : fuyons l’âge pervers.
Vois-tu le Juge assis dans la rouge nuée?
POESIES
DAPHNÉ
0 mère, laisse-moi ! Mère, tu m’as tuée,
Et déjà sur mes yeux s’étend un voile épais.
J’embrasse le foyer pour y mourir en paix.
KALLISTA
Je vais prier sur nous et ceindre le cilice.