‹ Œuvres complètes [illustrées]Chapitre 98 sur 119 · LA SAGA · texte numérisé non relu

LA SAGA

La vieille femme est prompte à servir ses amis.

DAPHNÉ

Prends, donne, et laisse-moi.

LA SAGA donne une fiole et reçoit une pièce d’or.

La pièce pèse et brille.

Ta blonde chevelure est belle, ô jeune fille!

LES NOCES CORINTHIENNES

Si quelque adolescent fait mal ce que tu veux, Apporte-moi, très chère, un seul de ses cheveux :

Et tu verras cet homme, attiré par mes charmes, Couvrir ton seuil de fleurs, de baisers et de larmes. '

Elle sort.

LA NOURRICE

Daphné, que te disait cette vieille sans dents?

Ces femmes peuvent nuire aux enfants imprudents.

DAPHNÉ

Nourrice, ouvre la porte. Oh! que ta main est lente! Hâte-toi d aviver la lampe vigilante.

Sois muette, obéis.

LA NOURRICE

Il n’est ni bon ni beau,

Chère fille, d’entrer la nuit dans un tombeau.

S’il pense bien, l’esclave aurait tort de se taire.

DAPHNÉ

Pose les coupes d’or, les mets et le cratère Sur l’autel domestique où jadis nous faisions Pour les Ombres aux Dieux d’amples libations.

LA NOURRICE

J’agis comme une enfant à l’âge d’une aïeule.

DAPHNÉ

Mets les pains et le sel. C’est bien; laisse-moi seule. Va! Je mélangerai moi-même le vin noir.

LA NOURRICE

Daphné, je t’obéis, car tel est mon devoir.

Mais quitte les tombeaux où le chien hurle et rôde, Ma fille, et viens dormir dans la demeure chaude.

Page 1