‹ Œuvres complètes [illustrées]Chapitre 99 sur 119 · SCÈNE V DAPHNÉ · texte numérisé non relu

SCÈNE V DAPHNÉ

Non, je ne trahirai ni le Dieu ni l’ami.

Et pourtant je suis faible et mon sein a frémi.

J'ai cru voir se chercher encor par les ténèbres,

Dans le noir colombier, les colombes funèbres,

Les Ombres de ceux-là qui s’aimèrent entre eux,

Sous un ciel indulgent, dans des jours plus heureux.

Ils ont vécu, du moins, et leur cendre est contente.

Quel effroi surhumain m’accable dans l’attente?

Je sens planer sur moi tous les esprits de l’air.

Oh! vivre, respirer et revoir le jour clair!

\ ains souhaits! Hâtons-nous, c’estl’heure. Avantqu il vienne, Il me faut préparer et sa coupe... et la mienne.

Je boirai dans ce vase où I on voit ciselés Une vierge dormante et des enfants ailés Qui voltigent sur elle et s’éloignent en troupe.

Elle ouvre la fiole de la saga.

Je verse ce qu il faut verser dans cette coupe.

LES NOCES CORINTHIENNES

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