SCÈNE III
Les Mêmes, PHOTINE.
AZRIEL
Ah ! c'est toi !... Je tremblais... je craignais... je ne puis Te dire !... D'où viens-tu ? Tu ne viens pas du puits ?
Pour rapportiT de l'eau, tu n'as aucune sorte D'amphore...
PHOTINE
Et c'est de l'eau, pourtant, que je rapporte.
.\ZRIEL
Pourquoi courais-tu donc ?
l'HOÏINE
On avait soif ici.
AZKIEL
Connneiit I tu viens !
Du puits.
AZRIEL
De Jacob ?
PHOTINE
C'est ainsi Qu'on le nommait hier.
AZKUiL, liant.
Et qu'on le nomme encore !
PHOTINE
Non.
AZKIEL
Ton voile ?
PHOTINE
Tombé !...
AZKIEL
Ton amphore ?
PHOTINE
L'amphore ?...
AZKIEL
Que faisais-tu ? Je te cherchais.
l'HOTIXE
Je me trouvais.
AZKIEL
L'avais-tu, ton amphore, en partant ?
PHOTINE
Je l'avais.
AZRIEL
Où donc l 'as-tu laissée ?
PHOTINE
Où je me suis laissée.
.\ZRIEL
Pourquoi me tourmenter en faisant l'insensée ?
PHOTINE
Pauvre Azriel !
AzRiEL. — Pourquoi me tourmenter en faisant l'insensée ?
LA SA M A K I T A I y E
AZRIEL
Jt^ t'aime.
PHOTINE
Oh ! non, non, va, je sais Tout ce qu'entre mes bras, tu rêvais, tu pensais, Car c'est, dans un baiser, toute l'âme qu'on frôle, Et rien ne sait le poids d'un front comme une épaule ! Eh bien ! rappelle-toi, je viens t'en supplier, Ce que je ne ser\ais qu'à te faire oublier ! Tes grands espoirs, tu les jetas ? Je les rapporte !
Elle crie.
Peuple !
AZKIEL
Que fais-tu là ?
PHOTINE
Vous qui, sous cette porte.
Passez, foule joyeuse et bavarde, là-bas !...
UN HOMME
Photine, il conviendrait qu'on ne t'entendît pas.
PHOTINE
Femmes aussi, vous qui riez, là, dans la rue !...
UNE FEMME
Elle ose nous parler, cette fille perdue ?
AZKIEL
Tais-toi ! Prends garde !
PHOTINE
Anciens et Docteurs de la Loi !
Vieillards ! Prêtres !