PLUSIEURS
En nous ?
PHOTINE, allant de l'un à l'autre.
La graine est là, d'où monte l'arbre immense Vous n'avez qu'à vouloir, et le règne commence !
LA S A M A K I T A I N E
Pour tous ! pour tous ! Un peu d'amour, un peu de foi,
Et vous verrez quel beau royaume !... Toi, — toi, — toi ! — •
Toi, tu souffriras moins, maigre tailleur de pierres ;
Car, dans le noir du masque abritant tes paupières,
Tes yeux posséderont quelques brins de lueur
Des gerbes de clartés futures !... Ciseleur,
Tes doigts se sentiront rafraîchis par les ailes
Des petits chérubins d'argent que tu cisèles !...
Toi qui, pour lambrisser les alcôves, scias
Les cèdres, les cyprès et les acacias.
Tu béniras les trous au mur de ton échoppe
Parce qu'il y frissonne une touffe d'hysope !...
Vous plaindrez ceux pour qui vous tissez, tisserands,
Et vous, passementiers, plus vous coudrez de rangs
D'inutiles galons aux frivoles étoffes.
Et plus vous sourirez, comme des philosophes !
Chacun trouvera joie à son liumble métier.
Tu verniras l'argile avec amour, potier !
Pâtres, vous soignerez plus gaîment vos abeilles !
Vous sifflerez, vanniers, en tressant vos corbeilles !
LE PRÊTRE
Mais ce n'est (pi'un espoir, le royaume des cieux !
PHOTINE
Qu'est-ce que \i)us avez à proposer de mieux ?
CRIS DE TOUS
Oui ! — Suivons-la ! — Le Christ ! — Peut-être ! — Le Royaume ! Prenons des instruments ! — Chantons! — Oui, tous ! — Un psaume
UN MARCHAND, à Photine.
Oh I moi, j'y vais sans croire, en curieux, pour voir !
PHOTINE
Viens quand même !
AZRIEL
J'y vais, par ennui, sans espoir.
Pour agir !
Viens quand même !
D E U X I È M E TABLEAU
UN JEUNE HOMME
Et moi, c'est toi que j'aime Si je te suis, c'est pour ta beauté !
PHOTINE
Viens quand même !
Suivez tous, en cueillant des branches d'oliviers. Peu m'importe pourquoi, pourvu que \ous suiviez !
LE PRÊTRE
Eh bien ! j'y \'ais aussi ! Cet homme va peut-être Fonder un nouveau culte et me nommer grand-prêtre !
PHOTINE
Marchons en entonnant le psaume à l'Eternel, Et prenez au verset : « Chantons sur le nébel... »
TOUTE LA FOULE, dans un immense cri d'enthousiasme.
Chantons sur le nébel dont le long manche s'orne
La foule s'engouffre, derrière Photine, sous la haute porte. 8i
De nacre, de eontil et d'or. Sur le ncbel, sur le kiimor.
Et chantons sur la flûte encor Et sur la trompette de conte !
La foule s'engoutire, dcrricre Photine, sous la haute porte et le psaume va rouler au loin dans la campagne.
Qu'en r honneur de Celui qui vient juger les temps Dansent toute la Terre et tous ses habitants ! ... Toute la Mer... et tout...
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