SCENE II
LE PRÊTRE, AZRIEL, Jeunes Gens, Vieillards, Marchands, etc.
Ils viennent, avec une lenteur de deuil, s'arrêter devant le puits, et ils se lamentent. IX HOMME
Voici le puits, avec sa margelle et sa marche. Que creusa dans ce champ le très saint patriarche Jacob, fils d'Isaac, fils d'Abraham, lequel Fut un sage, versé dans les choses du Ciel.
UN AUTRE
Tristesse de Lia, dans ces fleurs tu nous restes !
PREMIER TABLEAU
Jacob. — Une ombre, et puis une ombre, et puis Une longue fi.lc indécise.
UN AUTRE
Cette poussière aima les ombres de tes gestes, Rachel !
UN AUTRE
Ce mont sentit s'arrêter sur son flanc L'Arche que les porteurs posèrent en soufflant !
UN AUTRE
Le jour où la piété d'Abraham fut sans bornes, Ce buisson accrocha le bélier par ses cornes !
UN AUTRE
Ce long parfum, parfois, qu'apporte un souffle bref. Vient des brûle-parfums du tombeau de Joseph !
UN VIEILLARD
Dans ce sol, Josué planta les douze stèles !
AUTRE VIEILLARD
Cet air est composé d'haleines immortelles !
LA SAMARITAINE
UN JEUNE HOMME
La lumière est dorée avec la gloire, ici !
LE PRÊTRE
Et c'est pourquoi l'endroit me semble bien choisi, Principaux de Sichem, hommes de Samarie, Pour y venir parler des maux de la patrie.
UN HOMME, se tournant vers les ruines qui surmontent le Garizim... s
Tous l'imitent et se prosternent. j
Temple du Garizim dont la destruction 1
Fit trembler de bonheur le temple de Sion, Pour tes ruines encor les Juifs ont de la haine !
UN AUTRE
Ils voient toujours en nous la secte couthéenne !
UN AUTRE
Au culte du vrai Dieu sont par nous mélangés
Des cultes, disent-ils, d'Élohim étrangers, \
D'idoles plus ou moins grotesques ou farouches, '
Soukkoth-Bénoth, Tharthaq !... j
UN AUTRE I
Et Zéboub, dieu des mouches !
PREMIER VIEILLARD
Mensonges ! car nous seuls gardons le culte juif ! 1