‹ Œuvres complètes illustréesChapitre 61 sur 72 · EE · texte numérisé non relu

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amené dans son esprit une grande résolution. Il voulait se noyer dans la rivière.

Il se rappelait en effet que, huit jours auparavant, un pauvre diable qui mendiait sa vie s'était jeté dans l'eau parce qu'il n'avait plus d'argent. Simon était là lorsqu'on

le repêchait ; et le triste bonhomme, qui lui semblait

ordinairement lamentable, malpropre et laid, lavait alors frappé par son air tranquille, avec ses joues pâles, sa longue barbe mouillée et ses yeux ouverts, très calmes. On avait dit alentour : — « Il est mort. » — Quelqu'un avait ajouté : — « Il est bien heureux maintenant. » — Et Simon voulait aussi se noyer, parce qu’il n'avait pas de père, comme ce misérable qui n'avait pas d'argent.

Il arriva tout près de l'eau et la regarda couler. Quelques poissons folâtraient, rapides, dans le courant clair, et, par moments, faisaient un petit bond et happaient des mouches voltigeant à la surface. Il cessa de pleurer pour les voir, car leur manège l'intéressait beaucoup. Mais, parfois, comme dans les accalmies d'une tempête passent tout à coup de grandes rafales de vent qui font craquer les arbres et se perdent à l'horizon, cette pensée lui revenait avec une douleur aiguë : « Je vais me noyér parce que je n'ai point de papa. »

Il faisait très chaud, très bon. Le doux soleil chauffait l'herbe. L'eau brillait comme un miroir. Et Simon avait des minutes de béatitude, de cet alanguissement qui suit les larmes, où il lui venait de grandes envies de s'endormir là, sur l'herbe. dans la chaleur.

. Une petite grenouille verte sauta sous ses pieds. Ilessaya de la prendre. Elle lui échapna. Il la poursuivit et la manqua trois fois de suite. Enfin il la saisit par l'extrémité de ses pattes de derrière etilse mitàrireen voyant les efforts que faisait la bête pour s'échapper. Elle se

ramassait sur ses grandes jambes, puis, d’une détente

brusque, les allongeait subitement, raides comme deux barres; tandis que, l'œil tout rond avec son cercle d'or, elle battait l'air de ses pattes de devant qui s'agitaient comme des mains. Cela lui rappela un jou-

jou fait avec d'étroites planchettes de bois clouées en

zigzag les unes sur les autres, qui, par un mouvement semblable, conduisaient l'exercice de petits soldats piqués dessus. Alors, il pensa à sa maison, puis à sa mère, et, pris d'une grande tristesse, il recommencça à pleurer. Des frissons lui passaient dans ‘ les membres; il se mit à genou et récita sa prière comme avant des’endormir. Mais il ne put l’achever, car des sanglots lui revinrent si pressés, si tumultueux, qu'ils l'envahirent tout entier. Il ne pensait plus:

il ne voyait plus rien au-.

tour de lui et il n'était occupé qu'à pleurer.

Soudain, une lourd:

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