Œ IJ V R E S DE PROSE
au cœur de notre Hurepoix. Mais très rapidement il a gagné. Il s'est étendu un peu partout. Aujourd'hui il est situé un peu partout, pourvu qu'on prenne la précaution de s'élever dabord d'au moins quelques mètres au-dessus de terre, c'est le pays de VAéroplanie, ce nouveau territoire (si je puis dire) militaire) où l'on vive militairement. Enfin, cest une terre héroïque, pleine pour nous de nobles souvenirs, encore d'hier, toute chaude encore dusang^ français. Combien il est évident, et surabondamment prouvé, que la France, (ici, mon ami, permettez-moi d'achever votre phrase), que la France, même dans son âge moderne, ne laissera peut-être pas perdre cette gloire guerrière, ne l'empêchera peut-être pas de devenir réalité historique.
Vous m'écriviez encore: Même ici, on a généralement peur de VEternité. Pourtant moins qu'ailleurs.
Vous m'écriviez encore : J'ai eu la chance, au début de mon séjour, de mener la vie errante qui plait à mes goûts et est adaptée au pays. Depuis deux mois, je fais de la détention dans une Tériha (vous me répondrez si c'est bien une Tériba) de 100 mètres carrés. Et pourtant la seule politique utile dans ce pays-ci est celle qui se fait dans la brousse, avec, comme auxiliaires, quelques bons mousquetons 92.
Vous qui connaissez la brousse et le bled, allons vous êtes bon. Vous en serez. Un jour vous serez mûr. Militaire je vous prends. Ernest Psichari, mon enfant, vous
VICTOR- M A RIE, COMTE HUGO aussi vous serez de mon parti. C'est le grand parti. Ce n'est point encore ce grand parti des mécontemporains.
Boni Pesloùan fonda les premières assises.
C'est un parti plus proprement politique. Benda m'a bien opposé que nous serions mis, que ce parti serait « mis en quarantaine », Il fait toujours des objections. Il oppose tout le temps. J'ai résolu une fois pour toutes de ne point m'arréter à des considérations de cette nature. Je vais fonder le grand parti des hommes de quarante ans. Quelqu'un récemment m'a reconduit durementdans la catégorie, ma ramené vivement dans la classe des hommes de quarante ans. J'en profite. Le vieux politicien profite de tout. Je fonde le parti des hommes de quarante ans. Le premier point de notre programme, et qui restera certainement le meilleur, sera que nous n'aurons plus jamais des matins triomphants.
Je fonde le parti des hommes de quarante ans. Vous eu serez, flalévy. On m'annonce de toutes parts des inscriptions.
Je suis, je reste votre dévoué
Péguv