‹ Œuvres complètes. Introd. de R. Vallery-Radot (volume 2)Chapitre 27 sur 91 · LES 5 ET 6 JUIN · texte numérisé non relu

LES 5 ET 6 JUIN

O ma patrie! ô Liberté!

duel réveil, quand sur nos frontières

La République aurait jeté

Ce faisceau de vertus guerrières !

Ils sont tous morts, morts en héros, Et le désespoir est sans armes; Du moins, en foce des bourreaux Ayons le courage des larmes.

Sous le dôme du Panthéon, Vous qui rêviez au Capitule, Enfants! que l'appel du canon Fit bondir des bancs d'une école, Au toit qui reçut vos adieux Que les douleurs seront amères.

Lorsque d'un triomphe odieux Le bruit éveillera vos mères!

Ils sont tous morts, morts en héros.

Et le désespoir est sans armes; Du moins, en face des bourreaux Ayons le courage des larmes.

On insulte à ce qui n'est plus, Et moi seul j'ose vous défendre :

Ah ! si nous les avions vaincus, Ceux qui crachent sur votre cendre.

LE MYOSOTIS

Les lâches, ils viendraient, absous Par leur défaite expiatoire, Sur votre cercueil, à genoux.

Demander grâce à la victoire.

Ils sont tous morts, morts en héros.

Et le désespoir est sans armes ; Du moins, en face des bourreaux Ayons le courage des larmes.

Martyrs, à vos hymnes mourants Je prêtais une oreille avide ; Vous périssiez, et dans vos rangs La place d'un frère était vide :

Mais nous ne formions qu'un concert, Et nous chantions tous la patrie.

Moi sur la couche de Gilbert, Vous sur l'écluifaud de Borie.

Ils sont tous morts, morts en héros, Et le désespoir est sans armes ; Du moins, en fiice des bourreaux Ayons le courage des larmes.

Page 1