CHANT PATRIOTIQUE
Aux marchands de lorgnettes Juillet du moins a profité.
Vivent les pirouettes !
Vive la liberté!
Au duc, soucieux et rêvant,
La sylphide coquette.
Flic flac, dit en jetant au vent
Les plis de sa jaquette :
« Vous qui pleurez Charles dix, Riez donc : voilà des lis ! »
Aux marchands de lorgnettes Juillet du moins a profité.
Vivent les pirouettes !
Vive la liberté!
Vous qui sabrez, tambour battant.
Les émeutes civiles, A nous, bourgeois : vous aimez tant
Les victoires faciles !
Tuer est charmant : d'accord; Mais peupler vaut mieux encor.
Aux marchands de lorgnettes Juillet du moins a profité.
Vivent les pirouettes !
Vive la liberté!
LE MYOSOTIS
Républicains, ayez de l'or,
Vous aurez des prêtresses; Nous nous sentons d'humeur eiicor
A devenir déesses.
Vos aînés, francs étourdis.
Ont vécu : De prof midis.
Aux marchands de lorgnettes Juillet du moins a profité.
Vivent les pirouettes!
Vive la liberté 1
L'ECOLIETIE
iVppROCHEz, aimable écolièrc, Vous qui fûtes maîtresse un jour; Approchez, et, moins familière Avec Lhomond qu'avec l'amour.
Instruisez-vous : chacun son tour.
Mais, par un doux air de folie.
Grand Dieu ! comme elle est embellie.
Finissez, Rose, finissez :
Est-ce l'instant d'être jolie?
Finissez, Rose, finissez :
Je suis le maître, obéissez.
LU MYOSOTIS
Quoi! vous épclcz, incertaine, Même un chapitre de roman; Attendez-vous la soixantaine Pour savoir lire couramment Les petits vers de votre amant ?
Mais que demande ce sourire ?
Pourquoi ce bras nu qui m'attire ?
Finissez, Rose, finissez :
Est-ce dans mes yeux qu'il faut lire ? Finissez, Rose, finissez :
Je suis le maître, obéissez.
La grammaire vous cff^îrouche.
Et j'entends rire à mon côté Lorsque les S dans votre bouche Usurpent la place des T :
Quel soufflet pour ma vanité 1 Mais cette bouche que j'accuse Veut se défendre par la ruse.
Finissez, Rose, finissez :
Un baiser n'est pas une excuse I Finissez, Rose, finissez :
Je suis le maître, obéissez.
Hélas 1 elle est encor maîtresse ;
Le livre échappe de sa main :
Il tombe, et s'effeuille,.. Ah ! traîtresse,
Vous le foulez avec dédain.
Vous triomphez, mais c'est en vain.
l'écoliére
Ne pas céder est mon système Passons au chapitre deuxième.
Vite, vite, recommencez, (Dût la leçon finir de même!) Vite, vite, recommencez :
Je suis le maître, obéissez.
1 L dort sous des ombrages verts
duand la Liberté le rappelle;
Il dort, le poète, infidèle
A ces captifs qui, dans les fers,
Attendaient l'aumône d'un vers.
Et pas de lyres qui les plaignent.
Pas un Blondel pour soulager
Tous ces Cœurs de Lion qui saignent !
Ah I Dieu ! si j'étais Déranger 1
Au Luxembourg, mon vers vengeur
Irait frappant de stalle en stalle,
Et sa chiquenaude brutale
Au front d'airain du vieux jugeur
Ferait connaître la rougeur.
Je saurais dégoûter, j'espère,
Et Perrin-Dandin de juger.
Et Petit-Jean d'être compère...
Ah I Dieu ! si j'étais Béranger I
Je consolerais les Amours :
De la beauté j'ai vu les larmes Couler sur des gants de gendarmes, Et sa plainte tomber toujours Sur des cœurs et des barreaux sourds.
Triste, en rêvant au long martyre Qu'on lui défend de partager, Lisette a perdu son sourire...
Ah ! Dieu ! si j'étais Béranger !
L'avenir est si beau là-bas !...
A des chants d'espoir tout l'engage.
A-t-il remis sa viontre en gage, Le poète? et ne sait-il pas Combien le temps a fait de pas ?
Pour montrer du doigt sur la rive, Au siècle qui va naufrager.
Les fleurs dont le parfum m'arrivc.
Ah! Dieu! si j'étais Béranger!
LE MYOSOTIS
Lui-même a vingt fois en chantant Bravé les bêtes du prétoire ; De dormir avant la victoire, Après avoir guerroyé tant, Il a droit, sans doute, et pourtant...
11 fout, viennent les représailles.
Vienne un Juillet ou l'étranger. Un Tyrtée aux champs de batailles !
Ah! Dieu! si j'étais Bérangerl