‹ Œuvres complètes. Introd. de R. Vallery-Radot (volume 2)Chapitre 57 sur 91 · MIL HUIT CENT TRENTE-SIX · texte numérisé non relu

MIL HUIT CENT TRENTE-SIX

Tombait ce cri : » Mort en héros! »

L'œuvre rivale était complète; J'arrivais trop tard : le poète Était vaincu par les bourreaux.

IsilCOL^S

CHANSON A HOIR h iCRITE SUR LA CARTE A PAYER d'uN RESTAURATEUR

Air : Du Curé de Pcmpone.

v>HEz Nicolas, moi, je me plais, Malgré son air sévère.

Après boire, au nez des valets Si l'on jette son verre.

Si l'on s'escrime avec les plats,

Il gronde et veut qu'on parte :

— Ne vous emportez pas,

Nicolas ; Mettez s'il sur la carie.

Ce mot apaise eu un moment Notre hôte qui s'effraie ;

Sous ce bon prince on a vraiment Les libertés qu'on paie.

Attable-t-on certains appas.

Il gronde et veut qu'on parte :

— Ne vous emportez pas,

Nicolas ; Mettez ça sur la carte.

Priant de ne pas l'oublier, Q.uand la gentille Rose

Voit chacun dans son tablier Lui glisser quelque chose,

Il gronde et veut qu'on parte :

— Ne vous emportez pas,

Nicolas ; Mettez ça sur la carte.

Si quelque vent, fort à propos

Éteignant la chandelle,

Fait trébucher parmi les pots

Son épouse fidèle, Si de la nappe on fait des draps.

Il gronde et veut qu'on parte :

— Ne vous emportez pas,

Nicolas; Mettez ça sur la carte.

LE MYOSOTIS

Le Pouvoir est de ses amis :

Dans un coin de la salle

Il a vingt fois mis et remis Certain buste un peu sale.

Q.uand le plâtre vole en éclats,

Il gronde et veut qu'on parte :

— Ne vous emportez pas,

Nicolas ; Mettez ça sur la carte.

Nicolas, digne petit-fils

De madame Grégoire, Ton vin m'inspirait quand je fis

Ces couplets à ta gloire.

Ton vin est bon, mes vers sont plats;

Mais il faut que je parte :

Je te les offre, hélas I Nicolas,

Pour acquitter la carte.

LES CXOIX •D'HO'K.-^i.EU'K

lEux chevaliers, blanchis par tant d'exploits, Sous vos haillons cachez bien votre croix.

Elle brillait d'un éclat fabuleux, L'étoile sainte, aujourd'hui dérisoire.

Quand, pour parer des uniformes bleus, Elle pendait aux mains de l'Homme-Gloire.

Vieux chevaliers, blanchis par tant d'exploits, Sous vos haillons cachez bien votre croix.

196 LE MYOSOTIS

A ce trésor que son sang achetait, Le mutilé, dont la mort était sûre, Tendait, joyeux, le bras qui lui restait Et de laurier parfumait sa blessure.

Vieux chevaliers, blanchis par tant d'exploits, Sous vos haillons cachez bien votre croix.

L'astre d'honneur, sous la tente, au forum, Lançait toujours ses rayons au plus digne; Pour nos soldats ce nouveau labarum Portait écrit : Tu vaincras par ce signe.

Vieux chevaliers, blanchis par tant d'exploits. Sous vos haillons cachez bien votre croix.

J'ai vu, quinze ans, tous les pouvoirs moqueurs Pour leurs valets en faire une livrée; J'ai vu, quinze ans, des poitrines sans cœurs S'enfler d'orgueil sous l'étoile sacrée.

Vieux chev.ilicrs, blanchis par tant d'exploits. Sous vos haillons cachez bien votre croix.

du'ai-je dit? non : le peuple saura bien, Vous séparant d'une ligue ennemie.

Au Lâche esclave, au noble citoyen.

Tailler leur part de gloire ou d'infamie.

LES CROIX DHONNEUR

Vieux chevaliers, blanchis par tant d'exploits, Sur vos haillons étalez votre croix.

A vous la honte, à vous, brillants valets ! Prévenez tous le grand jour de colère : Pour que le feu consume vos brevets.

N'attendez pas la foudre populaire I

Et vous, guerriers blanchis par tant d'exploits, Sur vos haillons étalez votre croix.

SI vous M'AIMIEZ

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