ROMANCE
lVli;NF.STREr. qui vais par le monde, N'ayant rien que mon gai savoir, Si vous m'aimiez, ô belle blonde, Je me croirais un riche avoir;
Comme Pétrarque aux pieds de son idole,
A vos genoux courbe bien bas, bien bas,
J'oublîrais tout, voire le Capitolc,
Si vous m'aimiez..,, mais vous ne m'aimez pas.
vous M AIMIEZ
Si vous m'aimiez, ô belle blonde, De vos baisers seuls j'aurais faim, Et, sourd à son voisin qui gronde.
Mon cœur s'enivrerait enfin; Cœur mendiant, il va, de femme en femme, Criant misère, et sans secours, hélas ! Le pauvret meurt : il renaîtrait, madame, Si vous m'aimiez..., mais vous ne m'aimez pas.
Et mes chansons fraîches écloses.
Au vent du matin et du soir.
Iraient à vous, comme les roses
Qui pleuvent devant l'ostensoir.
Purifiant l'air de Paris, madame.
Où vous iriez j'irais, et, sur vos pas, Comme un parfum je brûlerais mon âme.
Si vous m'aimiez..., mais vous ne m'aimez pas.
Sur vous, grand'dame que l'on flatte.
Un lorgnon d'or s'est promené.
Et par le nœud d'une cravate
Voilà votre cœur enchaîné.
D'un plus heureux que l'hommage vous plaise ! Souriez-lui, marchez fière à son bras : — Son bras ! demain je saurais ce qu'il pèse. Si vous m'aimiez..., mais vous ne m'aimez pas.
^ Un^E T)^D^iE
tlUI SE ÏLAIGNAIT DE VOIR AUX TUILERIES SA CHAISE ENTOURÉE DE JEUNES GENS
13 L ON DE à l'œil bleu, lis tremblant sur sa tige, Vous vous plaignez, lorsque, prenant l'éveil, Autour de vous la jeunesse voltige Comme un essaim qui bourdonne au soleil. Plaignez un peu les jeunes cœurs sans nombre En plein midi soupirant sur vos pas ; Plaignez surtout ceux qui battent dans l'ombre, Belle, mais ne vous plaignez pasi
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