‹ Œuvres complètes. Introd. de R. Vallery-Radot (volume 2)Chapitre 66 sur 91 · LA CONFESSION · texte numérisé non relu

LA CONFESSION

Mainte blessure à l'ami le plus tendre Souvent échappe et saigne à l'abandon; Souvent pour l'homme il serait doux d'entendre Au nom de Dieu sonner le mot pardon; Mais la soutane a balayé la fange, Mais le péché frétille par-dessous.

Quand tu verras tomber du ciel un ange. Avertis-moi, Rose, et confessons-nous; Vite, à ses pieds, vite confessons-nous.

F^TiLE

V^Aje je suis bien sous mon ciel de cristal! A me nourrir la terre est épuisée; A moi chaleur et lumière et rosée :

Certes, je suis un noble végétal ! « Ainsi parlait maint cornichon sous verre. Le jardinier passe, et, d'un ton sévère, A ces vantards dit : « Taisez-vous, mes fils : Un coup de vent peut briser votre cloche; Vous mûrissez, et le bocal approche; Encore un jour, et vous serez confits. »

Hélas ! hélas ! philosophe, astronome,

D'un ciel étroit coiffés, quand nous marchons,

Fiers et clamant : « L'homme est tout, gloire à l'homme ! )

Dieu tonne et dit : « Taisez-vous, cornichons! »

Page 1