EPITRE A M. FIRMIN DIDOT
Commandait le silence à la presse aux cent voix, Éteignant les fanaux sur le bord de l'abîme, De son triomphe même il fût tombé victime ; Et, s'il faut d'un exemple appuyer mes discours, Voyez de l'Orient les peuples et les cours : Au lit du souverain, là, le sabre, qui veille. D'un murmure indiscret préserve son oreille; Inaccessible même à la voix du remord, Au sein des voluptés il se plonge et s'endort. Il dort... Mais tout à coup la révolte hardie Dans son palais en feu gronde avec l'incendie ; Lui-même tombe aux pieds de ce peuple rampant. Et l'orage imprévu l'éclairé en le frappant. Contre les attentats d'une aveugle puissance. Déjà que de douleurs se soulevaient en France ! Menacés par les lois, que d'artisans obscurs S'entretenaient tout bas de leurs destins futurs, Et, loin de la patrie esclave et désolée. Se choisissaient d'avance une tombe exilée I Jeune encore et tremblant pour l'art qui m'a nourri. Moi, j'ai pleuré comme eux et comme eux j'ai souri, Lorsque de nos cités, à la douleur en proie, S'élevèrent des feux et des concerts de joie. Non, sur des bords lointains il ne faudra jamais Devant ses ennemis rougir du nom français. Et, dans l'état obscur où le ciel nous fit naître. Notre sort coulera paisible, heureux peut-être I Quand l'art hospitalier nous laisse des loisirs, Ainsi qu'à nos besoins, il veille à nos plaisirs.
LE MYOSO-
Et qui donc n'a jamais puisé dans la lecture Un oubli consolant, une volupté pure?
Les livres, autrefois vendus au poids do l'or, Dont l'avare opulence amassait le trésor, Des cloîtres, des palais secouant la poussière, Se sont enfin glissés jusque dans la chaumière; Pénates vigilants, en tous lieux aujourd'hui Ils bercent les douleurs et dissipent l'ennui; Souvent ils sont fêtés même par l'ignorance. Notre cœur languit-il, en deuil d'une espérance, Détrompé d'amitié, désenchanté d'amour, Walter Scott à nos yeux fait passer tour à tour Les brigands féodaux, qui couraient, pleins de zèle. Purifier leurs mains dans le sang infidèle, Ou ses gais Bohémiens, ou ses chefs belliqueux. Et des temps, des climats aussi bizarres qu'eux. Le lecteur, franchissant l'espace des années, Vit de leurs passions et de leurs destinées. Et, de ces grands malheurs qu'il essaie un moment, Vers les siens, plus légers, il revoie gaîment. Hélas 1 pourquoi faut-il qu'aveuglant la jeunesse, Comme tous les plaisirs, l'étude ait son ivresse? Les chefs-d'œuvre du goût, par mes soins reproduits. Ont occupé mes jours, ont enchanté mes nuits. Et souvent, insensé ! j'ai répandu des larmes : Semblable au forgeron qui, préparant des armes. Avide des exploits qu'il ne partage pas, Siffle un air belliqueux et révc les combats...
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LES TsiOCES T)E C^'K.^
\-y E Cana l'on sait l'aventure, Mais d'un vieux grimoire je tiens Quelques détails, dont l'Écriture N'a pas égayé les chrétiens.
Un peu gourmet, quoi qu'on en dise.
Le Bon Dieu, qui s'était grisé, Se permit mainte gaillardise Dont Judas fut scandalisé.
Car chaque apôtre se signait, Et Judas surtout s'indignait :
« Hélas ! disait-il, mes amis, Le Bon Dieu nous a compromis.
« D'abord, en comptant les bouteilles.
Frères, dit-il, en vérité, De mes jours semés de merveilles.
Ce jour sera le mieux fêté :
Mes prêtres futurs, en mémoire D'un tour de gobelet divin.
Vendant des oremus pour boire.
Changeront l'eau bénite en vin. »
Et chaque apôtre se signait.
Et Judas surtout s'indignait :
« Hélas ! disait-il, mes amis, Le Bon Dieu nous a compromis.
Aux époux, héros de l.a fête, Il dit d'un ton d'épicurien :
« Buvez, trinquez, foi de prophète, L'Amour, ce soir, n'y perdra rien; Mon présent de noce est un reste De ce vin comme on n'en fait plus, Q.ui, pour décupler un inceste.
Rajeunit un de mes élus... «