En ce qui concerne le rouge clair
Lors du passage du rouge vif au rouge clair, nous avons constaté encore une augmentation de l'intensité lumineuse et de l'étendue de l'espace spectral qui est allé de A à G des raies de Fraunhofer;
5° En ce qui concerne le blanc :
L'analyse prismatique des radiations émises par un sphéroïde de platine pur amené en pleine fusion, a fourni un spectre continu intensément illuminé, dont l'étendue a été en deçà de A et est allée jusqu'à H et H' des raies de Fraunhofer.
Ainsi qu'il est dit ci-dessus, les observations spectroscopiques qui précèdent ont été exécutées lorsque la fente du collimateur était rélrécie au point de voir, le plus distinctement possible, les raies de Fraunhofer, les spectroscopes étant dirigés vers le ciel blanc. En élargissant la fente des spectroscopes de manière à faire disparaître, à la lumière diffuse blanche, la perception des raies de Fraunhofer, l'analyse prismatique des radiations émises par le cylindre chauffé au rouge naissant a fourni toujours un espace spectral absolument obscur, et, au rouge sombre, un spectre continu dont l'intensité lumineuse et l'étendue ont été augmentées.
Par conséquent, les indications d'intensité lumineuse et des limites des spectres continus sont strictement adéquates au pouvoir absorbant du spectroscope employé et aux conditions de l'ouverture de la fente du collimateur fixée ci-dessus, c'est-à-dire de la visibilité la plus nette possible des raies de Fraunhofer, le spectroscope étant dirigé vers le ciel blanc.
VIII. — DE LA CONSERVATION OU DE LA PERTE DE POIDS DE l'aRGENT PUR CHAUFFÉ DANS l'air au repos, DU ROUGE NAISSANT AU ROUGE CLAIR.
Après quelques tâtonnements, l'expérience m'a conduit aux dispositions suivantes pour résoudre le problème posé.
Sans apporter un changement quelconque à l'appareil décrit ci-dessus, j'ai introduit dans le cylindre massif de platine une plaque de porcelaine dégourdie de 10 centimètres de longueur et de 5 à 6 millimètres d'épaisseur, reposant par ses bords vers le milieu du cylindre.
La surface supérieure de cette lame de porcelaine était munie d'une série de petits cônes tronqués distants les uns des autres de 5 millimètres environ, destinés à servir de support à l'argent soumis à l'essai. Le sommet des cônes tronqués, qui n'avaient guère que 1 millimètre de diamètre, avait été parfaitement dressé au même niveau et poli afin de ne pas contracter de l'adhérence avec la lame d'argent que ces sommets devaient supporter. Avant de déposer la lame d'argent sur les cônes tronqués de la plaque de porcelaine, celle-ci avait été chauffée longtemps au rouge vif dans le cylindre même, puis lentement refroidie.
Disposant d'une balance permettant la pesée du gramme au millième du milligramme près, mais dont Vinstabilité relative inhérente à toute balance réduit l'exactitude de la pesée de deux à trois millièmes de milligramme {')» j'ai employé aux déterminations une lame très mince d'argent, du poids d'environ \ gramme. Cette manière de procéder m'a fait gagner beaucoup de temps, tout en donnant toute garantie d'exactitude. Ayant constaté, par des essais préalables, que, sous l'influence d'une chaleur relativement peu élevée, l'argent laminé sans recuit perd de sa rigidité en même temps que
(1) Je dirai aux chimistes et aux physiciens qui considéreraient cette sensibilité comme exagérée, que le Bureau international des poids et mesures dispose d'une balance en état de peser le gramme à 0'"k'^001 près, et qu'à l'Exposition internationale de Paris, en 1878, M. Sacré a exposé une balance qui réalise avec certitude la même exactitude.
de son poli, et se couvre souvent d'un givre blanc et même de stries blanches dans le sens du laminage, j'ai procédé avant et après l'action de la chaleur à l'inspection microscopique de la lame mince d'argent et à l'essai de sa rigidité en comparant celle-ci à la lame dont un bout avait été détaché pour être soumis à la chauffe.
En agissant ainsi, j'ai constaté les résultats suivants :
Un barreau d'argent de 5 centimètres de longueur, 1 centimètre de largeur et 11/2 centimètre de hauteur, après avoir été chauffé près de son point de fusion et maintenu longtemps à cette température et refroidi à l'air, a été laminé entre des cylindres d'acier polis et huilés constamment jusqu'à cinq centièmes environ de millimètre d'épaisseur. Le laminage s'est effectué sans que la lame obtenue ait présenté la moindre soufflure.
La lame a été lavée à l'alcool, puis décapée en la laissant séjourner plusieurs heures à froid, dans l'eau bouillie acidulée par 5 p. c. de son volume d'acide chlorhydrique pur, ensuite dans de l'eau ammoniacale, enfin dans de l'eau pure, séchée à la température ordinaire dans le vide maintenu sec; elle est brillante, rigide; à la température ordinaire elle émet, après plusieurs réflexions, une lumière variant du jaune orangé au jaune-vert pur. Au rouge sombre, la couleur de la lumière réfléchie est jaune orangé avec une pointe de rouge. Un bout de la lame, destiné à l'essai, pesait 0°"^987.158.
a. Ce bout, après avoir séjourné pendant vingt minutes dans le cylindre de platine chauffé au rouge naissant, pesait 0^*^787. 160.
La chaleur a fait perdre à la lame de sa rigidité et de son brillant; elle paraît sensiblement plus blanche.
b. La lame est placée une deuxième fois dans le cylindre de platine et
chauffée au rouge naissant; après y avoir séjourné une demi-heure, elle pesait après refroidissement 0^'987.i57.
Quoique ayant perdu encore de son brillant, sa rigidité n'est pas devenue moindre.
c. La lame est remise une troisième fois dans le cylindre, dont on élève lentement la température au rouge sombre, et à l'apparition, par l'analyse spectrale, d'un spectre formé exclusivement du rouge, de l'orangé et du jaune.
Après un séjour d'une demi-heure, la lame a été retirée avec son support; après son refroidissement, elle pesait 0^''987.158.
Elle était devenue absolument blanche, avait perdu complètement sa rigidité, et elle était aussi fortement recuite que si elle avait été chauffée au rouge vif.
d. Elle est introduite une quatrième fois dans le cylindre de platine, dont on élève lentement la température jusqu'à ce que son rayonnement produise, à l'analyse spectrale, l'apparition exclusive du rouge, de l'orangé et du jaune, température qu'à l'aide de soins non interrompus on s'efforce de maintenir aussi constante que possible. Après avoir séjourné dans ces conditions pendant 45 minutes dans le cylindre de platine, elle pesait, après refroidissement, 0^'^987.160.
e. Le lendemain, la lame a été remise une cinquième fois dans le cylindre, dont on avait élevé assez rapidement la température jusqu'à l'apparition d'un espace spectral formé exclusivement du rouge, de l'orangé et du jaune. Après un séjour de 55 minutes et son refroidissement complet, son poids était de 0^'^987. 154.
Après ces chauffes successives, la lame était couverte par des stries, dans le sens du laminage, d'un givre d'un blanc éblouissant.
f. La lame est remise une sixième fois dans le cylindre, dont on élève la température jusqu'à ce que l'analyse prismatique des radiations de l'enceinte permette d'apercevoir d'une manière certaine et permanente le
COMMENCEMENT du vevt ; après avoir maintenu cette température pendant 20 minutes, la lame refroidie pesait 0^^987. 042.
g. La lame est remise une septième fois dans le cylindre, dont on avait porté la température assez haut pour que l'analyse prismatique des radiations de l'enceinte permît d'apercevoir au spectre continu dont le vert livide cesse d'être visible à la position occupée par la première raie verte du spectre des raies électriques de l'air sec dont la tension est réduite à 2 centimètres.
La lame, après avoir séjourné 50 minutes dans le cylindre, pesait, après son refroidissement complet, 0*'"984.555. Elle avait donc perdu 0^*^002.707 de son poids, soit O^'^OOl.OOO par 10 minutes de chauffe.
Un barreau d'argent de 4 centimètres de longueur sur 11/2 centimètre de hauteur et de largeur, chauffé successivement au dard aérhydrique près de son point de fusion et au rouge sombre dans une atmosphère d'hydrogène, fut laminé sans recuit, entre des cylindres d'acier polis et huilés, jusqu'à ce que la lame obtenue eût 0'"'"05 environ d'épaisseur. Cette lame fut lavée à l'alcool, décapée à froid à l'eau bouillie, acidulée par 5 p. c. de son volume d'acide chlorhydrique liquide, traitée par l'eau ammoniacale et lavée ensuite à l'eau pure.
La lame était rigide, blanche et brillante; à la température ordinaire, elle émettait, par plusieurs réflexions, une lumière variant du jaune orangé au jaune vert pur. Le poids d'un bout détaché était de 0^*^992. 426.
a. Ce bout fut introduit dans le cylindre de platine chauffé au rouge sombre et maintenu aussi exactement que possible à cette température pendant huit heures. Le lendemain, son poids était de 0^'^992.419. La lame avait éprouvé un recuit complet et était devenue d'un blanc mat éblouissant.
d. Elle fut replacée dans le cylindre de platine, dont l'enceinte avait été chauffée de manière à émettre des radiations qui, à l'analyse prismatique,
permettaient d'apercevoir un spectre continu, dont le vert livide était visible jusqu'à la position occupée par la première raie verte des raies électriques atmosphériques. Après un séjour de 15 minutes dans le cylindre, la lame refroidie pesait 0^991.024; elle avait donc perdu 0«'001.595, c'està-dire O'^'^OOl de son poids par 10 minutes de chauffe.
11 résulte avec certitude des recherches qui précèdent que : 1°, du rouge naissant au rouge sombre, l'argent se recuit complètement dans l'air en perdant son brillant pour devenir d'un blanc mat éblouissant et en conservant son poids; 2% au delà du rouge sombre, ce métal éprouve dans l'air une perte continue.
Le rouge sombre et l'absence complète du vert dans le spectre continu, observé par l'analyse prismatique (effectuée à l'aide des speclroscopes utilisés), les radiations émises par l'argent, sont donc les conditions-limites de température pour la conservation du poids de ce métal, soumis à l'action de la chaleur dans l'air au repos.
IX. — DES DISPOSITIONS PRISES POUR LA RECHERCHE DES CHANGEMENTS DE POIDS ÉPROUVÉS PAR l'argent CHAUFFÉ SUCCESSIVEMENT DANS l'hYDROGÈNE ET DANS l'aIR.
L'appareil à dégagement d'hydrogène se composait :
a. Du générateur à hydrogène de M. Debray. On sait qu'il consiste en deux grands flacons, placés au même niveau, munis chacun d'une tubulure inférieure, mise en rapport à l'aide d'un large et épais tube de caoutchouc désulfuré. Afin d'éviter le suintement observé souvent lorsque le tube de caoutchouc est appliqué directement sur les tubulures, un bouchon de verre, terminé extérieurement par un tube à étranglements, était rodé et fixé solidement sur les tubulures. Le tube de caoutchouc était adapté à son tour solidement par ses deux bouts sur les tubes à étranglements. Grâce à cette disposition, l'appareil a pu fonctionner d'une manière
presque continue pendant au delà de six semaines sans produire le moindre suintement.
L'un des grands flacons était rempli de zinc en grenailles épaisses. L'autre contenait une solution très diluée de sulfate de cuivre, faiblement acidulée à l'acide sulfurique pur. Le zinc se couvre ainsi de cuivre; il décompose l'acide sulfurique sans produire de l'acide sulfureux ou de l'acide sulfhydrique, si l'on a soin de maintenir le flacon à zinc à basse température.
La tubulure supérieure du flacon à zinc était munie d'un bouchon de caoutchouc désulfuré, traversé par un tube à robinet. On réglait l'ouverture de ce robinet suivant le volume d'hydrogène à produire et à laisser passer par tout le système d'appareil pendant l'unité de temps.
Le zinc employé provenait de calamines de la Vieille-Montagne. Je n'y ai point trouvé de l'arsenic. Pour le priver complètement de carbone et de toute substance susceptible de prendre avec l'hydrogène la forme gazeuse, on l'avait distillé une seconde fois avec de l'oxyde de zinc fortement calciné, et les vapeurs métalliques avaient été condensées dans des récipients en argile réfractai re.
b. Le tube à robinet, traversant le bouchon de caoutchouc ûxé sur la tubulure supérieure du flacon à zinc, était mis en rapport avec un grand flacon tubulé rempli entièrement de pierre ponce concassée, imbibée d'une solution saturée d'hydroxyde de potassium. Ce flacon était suivi d'un second, également tubulé, contenant de la pierre ponce concassée, imbibée d'une solution saturée de sulfate de cuivre. L'hydrogène, en passant successivement au travers des milieux alcalin et cuivrique, se dépouillait de vapeurs acides ou de gaz sulfurés qu'il pouvait accidentellement entraîner. A sa sortie du flacon à sulfate de cuivre, l'hydrogène traversait un tube en verre infusible de 120 centimètres de longueur, contenant dans sa première moitié une colonne de 45 centimètres de longueur de tournure de cuivre, et dans sa seconde moitié une colonne de 45 centimètres de longueur de tournure d'argent. Le tube, reposant dans une gaine de tôle
— sodé 90 centimètres de longueur, contenait de la magnésie. La gaine" était chauffée au rouge sombre sur toute sa longueur pendant le passage de l'hydrogène. Si le zinc renferme seulement des traces d'arsenic, le commencement de la colonne de tournure de cuivre fixe cet arsenic, et le métal se colore en gris d'acier par la formation d'arséniure de cuivre; si l'hydrogène contient soit de l'acide sulfhydrique, soit de l'acide sulfureux, la surface de la tournure de cuivre se colore en noir. Le zinc employé était si parfaitement privé d'arsenic que j'ai pu dissoudre près de 4 kilogrammes de ce métal sans blanchir la tournure de cuivre chauffée au rouge, et ayant maintenu constamment le flacon à zinc entre 15 et 20°, je n'ai pas observé trace de sulfuràtion du cuivre. Le rôle du tube à tournures métalliques a été borné à la transformation en eau de l'oxygène entraîné par l'hydrogène.
J'ai fait passer l'hydrogène sur une colonne de tournure d'argent, pour avoir la certitude que l'argent soumis au rouge dans une atmosphère de ce gaz n'éprouverait aucune altération par suite de ses impuretés accidentelles. Aussi, grâce aux précautions prises, je n'ai pu constater, dans aucun essai, la moindre altération de la surface du métal soumis à l'expérience. Le tube à cuivre et à argent était muni d'un robinet destiné à intercepter la communication entre le générateur de l'hydrogène et le système de dessiccation de ce gaz.
c. L'hydrogène, à sa sortie du tube à cuivre et à argent, étant saturé d'humidité, a été desséché en le faisant passer successivement sur du chlorure de calcium poreux et concassé, contenu dans une longue et large éprouvette à pied ; il traversait ensuite deux tubes en U, dont les branches avaient 55 centimètres de longueur, et remplis, le premier, de chlorure de calcium fondu et concassé, et le second, d'hydroxyde de potassium fondu et concassé en très menus fragments. Au tube à hydroxyde potassique était adapté un tube en U moitié moins long, rempli d'amiante feutré, récem ment rougi, destiné à retenir les poussières pouvant être entraînées par le courant.
L*4wanche libre du tube à amiante était munie d'un robinet pour établir ou arrêter à volonté le courant, lorsque tout le système était rempli d'hydrogène purifié et séché.
Telles étaient les dispositions de l'appareil fournissant l'hydrogène.
d. Pour exposer, à chaud, l'argent dans un courant lent d'hydrogène, je me suis servi d'un tube de porcelaine vernie inlérieurement et extérieurement, de 5 1/2 centimètres de diamètre intérieur et de 60 centimètres de longueur. Le tube de porcelaine avait été fabriqué expressément pour pouvoir tenir le vide, étant chauffé au rouge vif. Dans une des notices suivantes, je m'expliquerai plus au long sur la fabrication, les qualités et les défauts des tubes de porcelaine.
Le tube était engagé dans un fourneau longitudinal à moufle tubiUaire aplati; les diamètres du moufle étaient respectivement 8 centimètres en largeur et 6 centimètres en hauteur, de manière à laisser latéralement, entre le moufle et le tube de porcelaine, un espace libre pour l'observation de la température soit à l'œil nu, soit au spectroscope. Ce fourneau était chauff'é à l'aide d'une grille à gaz de l'éclairage à becs aplatis, disposée au bas, vers le milieu du fourneau, permettant d'élever et de maintenir constante la température du moufle tubulaire du rouge naissant au rouge sombre et ensuite jusqu'au point de fusion de l'argent.
L'argent était contenu dans une nacelle.
J'ai dû renoncer à l'emploi de nacelles d'argent, à cause de la propriété que possède ce métal de se souder déjà au rouge naissant à l'argent qui y est placé.
J'ai eu donc recours à une nacelle mince de porcelaine de Berlin vernie (sauf le fond extérieur), de 16 centimètres de longueur sur 4 1/2 centimètres de largeur et de hauteur.
Pour éviter l'adhérence de la nacelle au vernis du tube en porcelaine, j'ai introduit dans ce tube une longue et large feuille de platine le tapissant presque complètement.
Les chimistes se font généralement de singulières illusions sur la constance de poids des nacelles de porcelaine vernie portées à température élevée. J'ai reconnu avec certitude que ces nacelles ne présentent un poids à pou près constant qu'étant employées à une température beaucoup inférieure à celle à laquelle elles ont été élevées pour amener leurs vernis à ne plus rien céder des alcalis qui entrent dans leur composition. Et encore, après avoir perdu ainsi de 7 à 9 milligrammes de leur poids, la constance de leur masse est renfermée dans une limite de -t 0""^'^^. Le doute n'est pas possible à ce sujet. Pour ce motif, la nacelle de porcelaine, avant d'être pesée pour recevoir l'argent, avait été maintenue, au rouge vif, pendant toute une journée dans un léger courant d'hydrogène.
Du reste, après avoir exposé l'argent au courant d'hydrogène et l'avoir ensuite chauffé au rouge sombre pour chasser l'hydrogène retenu en remplacement des gaz éliminés, j'ai eu soin de vérifier le poids de la nacelle, l'argent en ayant été retiré et, au besoin, la nacelle traitée à froid, à l'acide azotique dilué, pour enlever les traces d'argent resté adhérent au vernis.
Avant de déterminer le poids de l'argent introduit dans la nacelle, j'ai porté le tout dans le moufle décrit ci-dessus, dont les fentes étaient bouchées, entièrement garni de feuilles de platine du fourneau à gaz de Wiesnegg.
Le moufle était chauffé au rouge sombre, et j'y ai maintenu le tout, pendant un quart d'heure au moins, le moufle étant fermé, condition dans laquelle l'argent pur, qui a été préalablement chauffé au rouge vif, conserve son poids, ainsi que je l'ai établi ci-dessus.
Lorsque le moufle a été convenablement refroidi, que la nacelle avec l'argent en a été retirée et abandonnée au refroidissement complet dans l'air sec, on a déterminé ensuite le poids total, dont on a déduit le poids initial de la nacelle. On a glissé la nacelle au milieu du tube en porcelaine, préalablement rempli d'air sec, et disposé dans le moufle tubulaire. On a adapté, avec des ligatures solides, en fil de cuivre laminé, à chacun des bouts du
tube qui sortaient de 20 centimètres du fourneau, une calotte pyri forme de caoutchouc naturel, parfaitement séchée dans le vide. Chaque calotte contenait un flacon de verre dont le fond était enlevé. Chacun de ces flacons pénétrait de 2 centimètres dans le tube ; ils étaient destinés à soustraire le caoutchouc au rayonnement de l'intérieur du tube de porcelaine.
Après avoir fait pénétrer le tube du robinet qui termine l'appareil à hydrogène dans la partie tubulaire de la calotte de caoutchouc adaptée à l'extrémité du tube de porcelaine, on a couvert cette partie tubulaire d'une solide ligature en fil de cuivre rouge laminé.
A l'aide d'un tube courbé à angle droit, on a mis ensuite en rapport la partie tubulaire de la calotte de caoutchouc appliquée sur l'extrémité droite du tube de porcelaine avec un tube en U dont les branches avaient 35 centimètres de hauteur sur 2 centimètres de diamètre, contenant dans la première branche du chlorure de calcium fondu et concassé, et dans la seconde, de l'hydroxyde de potassium fondu, concassé en très menus fragments, séparé à l'aide d'une spire en fil de platine, du chlorure calcique, et surmonté d'un tampon d'asbeste feutré et rougi. A 4 centimètres de l'ouverture de chaque branche du tube à condensation de l'eau, était soudé un petit tube ouvert de 5 centimètres de longueur sur 5 millimètres de diamètre intérieur, et sur l'ouverture de chaque branche était soigneusement rodé à l'émeri un bouchon creux de verre, ouvert par le bas et troué latéralement à la hauteur de petit tube soudé à la branche. Pendant la pesée du système, l'ouverture de l'un des bouchons restait en communication avec l'ouverture d'un des petits tubes, afin d'établir l'équilibre entre la pression interne et la pression externe ; après la pesée, ce bouchon était tourné pour intercepter l'accès de l'air extérieur et l'augmentation de poids du système, lorsqu'il n'était pas adapté à l'appareil à hydrogène, ou, y étant adapté, celui-ci ne fonctionnait pas. L'expérience m'a démontré qu'à l'aide de cette disposition, du reste parfaitement connue, on se met efficacement à l'abri de l'humidité atmosphérique, et on garantit
dans la limite des erreurs inévitables des observations , l'exactitude du résultat.
Enfin, le tube destiné à fixer l'eau était mis en communication avec un appareil à boules de Liebig, contenant de l'acide sulfurique. En terminant tout le système par un tube de Liebig renfermant de l'acide sulfurique, j'avais pour but de préserver le tube à condensation de l'eau de l'humidité de l'air et de me renseigner en même temps du fonctionnement de tout l'appareil et de la rapidité relative du courant d'hydrogène. Lorsque, par suite du passage d'une quantité suffisante d'hydrogène, l'air atmosphérique sec, contenu dans le tube de porcelaine, était complètement éliminé, la clé* du robinet passant par le bouchon de caoutchouc adapté sur la tubulure supérieure du flacon à zinc, a été fixée de manière à laisser passer bulle à bulle l'hydrogène au travers de l'acide sulfurique contenu dans l'appareil de Liebig. En recueillant l'hydrogène, j'ai constaté que dans ce cas il passe un litre d'hydrogène en 25 à 50 minutes par l'appareil, ce qui est un volume amplement suffisant pour renouveler l'atmosphère gazeuse enveloppant l'argent.
Afin de maintenir à la température ordinaire les calottes de caoutchouc et la moitié environ des extrémités du tube en porcelaine engagé dans le moufle tubulaire, on les a entourées d'une spire creuse, très flexible, de plomb, par laquelle un courant d'eau froide passait pendant que 18 centimètres, sur une longueur totale de 60 centimètres, étaient chauffés au rouge sombre. J'ai emprunté ce moyen de réfrigération à Henri Sainte- Claire Deville et Debray.
M. Rommelaere et moi nous avons jugé de la température à laquelle était porté le tube de porcelaine en observant, alternativement à l'œil nu et au spectroscope, l'espace laissé libre entre le moufle tubulaire aplati et le tube, en nous conformant strictement aux conditions consignées ci-dessus. A cet eff'et, le collimateur des spectroscopes était disposé le plus près possible devant l'espace laissé libre entre le moufle tubulaire aplati et le
tube de porcelaine. La vaste salle dans laquelle tout l'appareil était monté sous une hotte en communication avec une cheminée d'appel, était transformée en chambre obscure. aQn de pouvoir régler la température. Malgré le robinet à clé à cadran, le règlement de celle-ci a exigé des soins continus, tant que le fourneau à moufle tubulaire n'a pas été porté à un degré de chaleur constant ; ce qui ne s'est réalisé qu'après deux à deux heures et demie de chauffe, lorque nous sommes parvenus à établir l'équilibre entre la chaleur reçue par la flamme entourant le moufle et la chaleur perdue par le rayonnement du fourneau tubulaire.
- La nacelle et l'argent qui avaient été exposés au courant d'hydrogène sec, entre le rouge naissant et le rouge sombre, après avoir été refroidis et pesés, ont été introduits dans le moufle garni de platine du fourneau de Wiesnegg et placés sur les chevalets ayant servi de support au cylindretube, lors' de la détermination des conditions dans lesquelles l'argent conserve son poids ou subit une perte de poids.
L'introduction de la nacelle avec l'argent dans le moufle étant faite, celui-ci a été fermé à l'aide de la plaque de terre réfractaire munie des dispositifs décrits dans la notice n" VIL
Après avoir amené devant la plaque fermant le moufle le trépied portant les spectroscopes, on a allumé la grille à gaz établie sous le fourneau et l'on a chauffé, le plus lentement possible, le moufle entre le rouge naissant et le rouge sombre. Ce degré de chaleur étant atteint, on a maintenu cette température constante pendant quinze h vingt minutes, des essais préliminaires ayant prouvé qu'un séjour plus prolongé était sans effet sur l'augmentation de poids de l'argent.
Lorsque la nacelle avec l'argent était soit dans le tube de porcelaine glissé dans le moufle tubulaire, soit dans le moufle du fourneau de Wiesnegg, le danger à craindre était évidemment une élévation de température dépassant le rouge sombre. Pour ce motif, tous nos efforts ont consisté à maintenir la chaleur entre le rouge naissant et le rouge sombre, c'est-à-dire à l'état
où, au speciroscope, on aperçoit un espace spectral à peine éclairé et indéfinissable au point de vue de sa coloration.
On le conçoit, les difficultés pour Texécution de ces expériences, qui semblent simples, ont été fort grandes, et ce n'est qu'après avoir perdu beaucoup de temps à des essais préliminaires que nous sommes parvenus à réaliser les conditions voulues.
Quoi qu'il en soit de ces difficultés, en se conformant aux dispositions indiquées ci-dessus, on a constaté les résultats ci-après désignés :