AFFIRMER CETTE CONCLUSION
L'argent fondu dissout l'oxygène, l'azote, l'hydrogène, les oxyde et anhydride carboniques, et en se solidifîant peut en retenir des quantités très variables, suivant les conditions dans lesquelles le métal s'est refroidi et suivant Vétat qu'on lui a donné lors de sa solidification.
Au chalumeau aérliijdrique, c'est-îi-dire dans un dard formé d'hydrogène pur et d'air, l'argent, privé de gaz, se fond partiellement d'abord, complètement ensuite, sans que sa surface s'élève visiblement et laisse apparaître la moindre bulle gazeuse.
En chauffant dans le même dard l'argent gazéifère, quel que soit le gaz contenu, en se fondant, sa surface se soulève pour laisser échapper ensuite une ou des bulles gazeuses, quelquefois avec projection de métal ; immé-
diatement après ce dégagement, sa surface s'affaisse en laissant une dépression. Il y avait donc dans le métal une cavité remplie de gaz. Après avoir découvert ce caractère différentiel entre l'argent pur non huileux et l'argent pur huileux, j'ai mis tous mes soins à appliquer ce moyen d'investigation à tous les échantillons d'argent dont j'avais utilisé une partie à mes anciens travaux et au métal obtenu lors de la revision des différents modes de préparation de l'argent pur. Ayant constaté ainsi la présence de gaz dans quelques-uns des échantillons, j'ai pris la résolution de soumettre cinq échantillons de l'argent ancien et quatre échantillons de l'argent nouveau à une température relativement élevée et fixe, successivement à l'action de Vhydrogène et à l'action de l'air. En agissant ainsi, j'avais pour but d'éliminer, par diffusion, l'oxygène et les gaz contenus dans l'argent, en transformant l'oxygène en eau, et de substituer ensuite à l'hydrogène de l'air atmosphérique. Ces expériences ont nécessité de fort nombreuses pesées. En effet, on a dû constater : i° le poids de l'argent préalablement rougi et refroidi ensuite dans l'air ; 2" le poids de l'argent maintenu à température convenable pendant un temps assez long dans un courant lent d'hydrogène; 3° le poids de l'argent porté à la même température dans l'air; 4° le poids de l'eau résultant de la transformation de l'oxygène contenu dans le métal chauffé dans l'atmosphère d'hydrogène.
L'exécution de ces expériences a été d'une délicatesse extrême. La difficulté est résultée de la volatilisation de l'argent lorsqu'on dépasse certain degré de chaleur. J'ai donc été obligé de rechercher la température-limite de la fixité de ce métal dans un courant d'hydrogène, et les moyens de réaliser et de maintenir ce degré de chaleur. J'ai trouvé pour limite, à la pression oj^dinaire, la température du rouge somhre. En recourant à l'analyse spectrale des radiations émises par le milieu porté à ce degré de chaleur, on peut, à l'aide de soins incessants, maintenir l'argent, pendant le temps voulu, à température constante. Mes recherches m'ont permis de constater
que l'analyse prismatique des radiations émises au rouge naissant fournit T. ni. 30
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un espace spectral absolument obscur, lors même qu'on se sert d'un spectroscope à un prisme ou d'un spectroscope à vision directe, à faible pouvoir absorbant; tandis que la même analyse prismatique des radiations émises au ROUGE SOMBRE, effectuée à l'aide des mêmes instruments, fournit un espace spectral formé du rouge, de Vorangé et du jaune. Cette conclusion est strictement adéquate au pouvoir absorbant des instruments que j'ai employés pour les observations. Elle ne sera plus vraie pour les spectroscopes d'un pouvoir absorbant moindre. Pour effectuer les observations, j'ai rétréci la fente du collimateur des spectroscopes au point de distinguer le plus nettement possible les raies de Fraunhofer, les instruments étant dirigés vers le ciel blanc.
L'examen attentif des phénomènes qui se présentent avant l'apparition du spectre continu formé du rouge, de l'orangé et du jaune, m'a fait reconnaître que cette apparition est précédée d'une illumination ou clarté indéfinissable au point de vue de sa coloration. J'ai constaté avec certitude la fixité de l'argent tant que l'analyse prismatique des radiations émises par ce métal chauffé ne fournit pas un spectre continu comprenant le commencement du vert, bien entendu avec les instruments dont j'ai disposé.
Pour me mettre à l'abri de la volatilisation de l'argent, j'ai fait tous mes efforts pour maintenir la température entre le rouge naissant et le rouge sombre, ou, plus exactement, au point de l'apparition de l'illumination indéfinissable précédant la formation du spectre continu décrit ci-dessus.
Les recherches longueset fastidieuses quej'ai exécutées, et pour lesquelles feu Léonce Rommelaere, directeur et professeur au Musée de l'Industrie à Bruxelles, m'a prêté un concours dévoué et éclairé, sont consignées dans les notices suivantes :
Yll. Du mode de recherche de la température à laquelle l'argent pur, chauffé dans I'aux, conserve son poids ou subit une perte de poids.
VIII. De la conservation ou de la perte de poids de l'argent pur chauffé dans l'air au repos, du rouge naissant au rouge clair.
IX. Des dispositions prises pour la recherche des changements de poids éprouvés par l'argent chauffé successivement dans l'hydrogène et dans l'air.