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DU CHLORURE DE POTASSIUM DE PROVENANCES DIFFÉRENTES

Dans la note jointe à la notice n^ XIII du mémoire sur V Argent, il est dit que la moitié environ du chlorure de potassium décrit dans le travail intitulé : Recherches chimiques sur le chlorure, le chlorate, le perchlorate et le

(1) L'eau acide dans laquelle les lames avaient séjourné a contenu ou n'a pas contenu des traces de fer suivant que le métal qui avait fourni les lames était inou ou dur. L'argent fondu au dard du chalumeau aérhydrique dans une cavité de chaux pure et l'argent fondu sous un flux de chlorure de calcium, étaient dws; tandis que le métal fondu au dard aérhydrique dans une cavité de phosphate basique de calcium ou sous un flux de borax, était mou.

chloroplatinate de potassium, a échappé partiellement aux conséquences de l'incendie du Palais du Midi. En effet, avant le transfert du laboratoire de chimie du Musée de l'Industrie à l'École industrielle établie au Palais du Midi, une partie des chlorures préparés avait été transportée dans le laboratoire particulier de l'un de nous et avait été enfermée dans un coffre-fort. Cette partie a donc été conservée intacte. Elle se composait : 1*^ de deux échantillons de chlorure provenant de la décomposition du perchlorale; 2" d'un échantillon de chlorure formé en même temps que le perchlorate; 3° d'un échantillon du chlorure du chlorate dont la majeure partie avait servi à la préparation des chloroplatinates de potassium; 4° enfin de trois échantillons de chlorure provenant des chloroplatinates.

Tous les échantillons des chlorures transférés au Palais du Midi ont été plus ou moins altérés par la vapeur d'eau qui a pénétré dans les flacons qui les contenaient, quoique ceux-ci fussent bouchés à l'émeri.

Toute la provision du chlorure du chlorate, quel que fût son état, les échantillons des chlorures du perchlorate et des chloroplatinates, qui étaient sous forme de PETITS cassons ayant servi à la mesure de leur poids spécifique, ont été complètement perdus.

Le chlorure du perchlorate ainsi que celui des chloroplatinates ayant été conservés à l'état de cassons très volumineux, étaient légèrement humectés à leur surface et partant susceptibles d'être remis en état pour servir à la détermination de leur rapport proportionnel avec l'argent.

Nous avons procédé, ainsi qu'il suit, à cette mise en état :

Après avoir arrosé d'un jet délié d'eau pure glacée la surface des cassons les plus volumineux, pour enlever à celle-ci les traces de solution saline adhérente, nous avons séché à 200" une partie du restant de ces cassons et nous avons dissous l'autre partie dans l'eau pure, de manière à obtenir une solution saturée. A l'aide d'un jet délié de cette solution saturée, nous avons arrosé la surface des cassons moins volumineux contenus dans les flacons et non lavés encore, de manière à déplacer aussi complètement que

possible le liquide salin qui y adhérait. Après ce lavage, ces cassons ont été séchés à l'étuve vers 200° ei conservés pour être employés.

Les cassons moins volumineux encore qui, partant, n'étaient pas susceptibles d'être restaurés par un lavage, ont été introduits dans une grande capsule de platine et dissous dans l'eau pure. Nous avons ajouté à cette solution le liquide ayant servi au lavage des deux parties des cassons volumineux. L'examen auquel nous avons soumis la solution nous a permis d'y constater la présence de traces de sulfate, de traces de sodium, de calcium, de fer et de cuivre.

Pour éliminer la majeure partie du calcium de la solution, nous l'avons portée à l'ébullition et y avons ajouté quelques gouttes de solution de carbonate ammoniacal d'ammonium pur. Après refroidissement et un repos de vingt-quatre heures, le liquide a été filtré pour séparer les traces de carbonate calcique et d'oxyde ferrique précipités.

Nous avons porté de nouveau à l'ébullition le liquide filtré, très faible ment ammoniacal, et nous l'avons saturé d'acide sulfhydrique. Nous l'avons filtré bouillant pour séparer les traces de sulfure de cuivre produit.

Dans le liquide filtré, parfaitement incolore, nous avons dissous du chlorure d'ammonium pur et, après avoir évaporé la solution jusqu'à siccité, nous avons chauffé jusqu'au rouge très sombre la masse saline restante pour transformer en chlorure les traces des sulfates alcalins qui y sont contenus.

Le résidu, parfaitement blanc, mais à réaction acide, par l'excès de chlorure d'ammonium, a été repris par de l'eau chaude. La solution, parfaitement limpide, a été additionnée d'alcool à 96% en quantité suffisante pour précipiter la majeure partie du chlorure de potassium.

Le précipité, reçu dans un grand entonnoir de platine et essoré à la trompe, a été redissous dans l'eau et la solution a été précipitée encore par de 1 alcool. Après avoir été essoré à la trompe, le chlorure a été repris une troisième fois par l'eau et la solution a été additionnée d'alcool jusqu'à cessation de précipité. Après essorage, le chlorure a été séché dans l'enton-

noir (le plaline. 11 a été fondu ensuite dans une capsule de platine pur, placée dans un moutle de fourneau de Wiesnegg, chauffé au point de fusion de l'argent. Le chorure a été maintenu en fusion jusqu'à ce que les gaz provenant du chlorure d'ammonium qui y était contenu fussent complètement éliminés.

Après avoir éteint le gaz allumé sous le moufle, nous avons laissé se solidifier lentement le chlorure dans la capsule de platine. La masse saline était parfaitement incolore, transparente, dépourvue de toute trace de bulle gazeuse. Elle adhérait aux parois de la capsule au point qu'il a fallu, pour la détacher, bosseler le vase en frappant sa paroi opposée. Le poids du chlorure de potassium obtenu ainsi s'est élevé à environ 56 grammes.

Les solutions salines alcooliques, provenant de la précipitation des solutions aqueuses saturées, furent réunies et évaporées dans une grande cucurbile de platine couverte de son chapiteau; le liquide, saturé vers 100°, fut versé dans trois fois son volume d'alcool à 96°, et le précipité essoré fut soumis au même traitement que le chlorure décrit ci-dessus ayant fourni les 56 grammes. Nous avons obtenu ainsi 7 grammes environ de chlorure de potassium fondu, incolore et transparent.

Les nouvelles liqueurs alcooliques séparées des précipités produits furent évaporées jusqu'à siccité; elles fournirent 0^'^850 de chlorure de potassium fondu.

L'examen auquel nous avons soumis les trois chlorures dont il est parlé ci-dessus a donné les résultats suivants :

Le chlorure du poids de 56 grammes colore en bleu foncé le dard du chalumeau aérhydrique; l'analyse prismatique de ce dard laisse apercevoir, à côté du spectre potassique, la raie sodique excessivement affaiblie, cependant sensiblement plus prononcée que celle du dard brûlant dans l'air de la salle où se fait l'observation.

Le chlorure se volatilise sans laisser trace de résidu visible au microscope.

Le chlorure de potassium du poids de 7 grammes colore en bleu violacé le dard du chalumeau aérhydrique; l'analyse prismatique du dard violacé permet d'apercevoir la raie sodique faible, cependant sensiblement plus prononcée que celle donnée par le premier chlorure. Il se volatilise sans laisser trace de résidu visible au microscope ; mais l'analyse prismatique des dernières vapeurs potassiques a permis de constater la présence très fugitive de la raie verte calcique.

Le chlorure du poids de O^'^SSO colore le dard du chalumeau aérhydrique en violet; l'analyse prismatique du dard violet laisse apercevoir, à côté du spectre potassique, les raies sodiques et calciques prononcées. L'analyse prismatique de l'étincelle éclatant au-dessus de la surface d'une solution de ce chlorure, conduit au même résultat.

Nous avons considéré comme purs les cassons volumineux de chlorure lavés, ainsi que le premier chlorure du poids de 56 grammes.

POmS SPÉCIFIQUE DU CHLORURE DE POTASSIUM EMPLOYÉ POUR LES DÉTERMINATIONS.

Nous avons mesuré à nouveau ce poids spécifique en nous servant, d'une part, du chlorure de potassium du chloroplatinate, et, d'autre part, du chlorure de potassium du perchlorate, en y consacrant une partie des 56 grammes décrits ci-dessus.

L'un de nous ayant été fortement incommodé par la vapeur de l'essence de térébenthine qui s'est répandue abondamment dans l'air lors de la mesure du poids spécifique dont il est parlé dans la première série de déterminations, nous avons pris le parti d'exécuter cette mesure dans le sulfure carbonique, en recourant à la méthode dite du flacon. Ce procédé, on le sait, comporte deux causes d'erreur : la première provient de la difficulté qui existe de fermer deux fois de suite, de la même manière, le flacon dans lequel on opère; la seconde réside dans la volatilisation du

liquide que renferme le flacon, lors même que celui-ci est parfaitement bouché.

Nous avons vaincu la première difficulté en opérant comme il suit : après avoir rempli le flacon à densité soit d'eau, soit de sulfure de carbone, nous avons laissé descendre par son propre poids, dans l'ouverture, le tube rodé qui lui sert de bouchon. Cela fait, nous avons déposé, sur l'extrémité supérieure du tube, un poids de cent grammes, que nous avons maintenu pendant cinq minutes. Par suite de l'élasticité du verre, le diamètre du tube soudé au flacon s'élargit et un même volume du bouchon y pénètre. On observe, en eflet, qu'au moment de la pose du poids sur l'extrémité du tube, la colonne de liquide contenue dans le tube capillaire s'élève brusquement, pour rester ensuite stationnaire. En retirant le poids, le bouchon serre assez dans l'ouverture pour qu'il faille un eff'ort notable, exercé sur le corps du flacon, pour le retirer. L'expérience nous a prouvé qu'en agis-^ sant ainsi on parvient à obtenir un poids constant du liquide contenu dans le flacon, à trois milligrammes près, pour un poids de sulfure de carbone de 75^''809etun poids d'eau de SS^'^IOS, bien entendu en réalisant l'égalité de température dans les pesées du flacon plein de liquide.

Pour amener l'égalité de température entre le liquide contenu dans le flacon à densité et l'air de la cage de la balance, nous avons rempli l'appareil de liquide ayant la température de cet air, et nous avons maintenu pendant une demi-heure l'appareil sous une grande cloche placée à côté de la cage ouverte de la balance, en ayant soin de nous retirer immédiatement de la salle, située au nord et dont la température reste constante dans ce cas. Au bout de ce temps, en prenant le flacon à l'aide d'une pince, nous l'avons déposé sur le plateau de la balance et nous avons attendu que, par suite de l'évaporation que subit le sulfure carbonique dans le flacon le mieux rodé, le niveau du liquide fût abaissé jusqu'au trait circulaire tracé sur le tube capillaire soudé au bouchon. En agissant de cette manière, nous avons observé que, suivant la température, deux appareils employés

perdent de leur poids, par volatilisation du sulfure carbonique, de 0"'^75 à 0""^90 par minute. Nous avons obtenu ainsi, pour poids spécifique du sulfure de carbone, 1.2702 et 1.2705 à 16°. En 1874, l'un de nous a trouvé pour poids spécifique de ce composé 1.27087 à 14°4 0 par une autre méthode de détermination.

Nous avons pesé dans un tube bouché à l'émeri le chlorure de potassium concassé en fragments de dimensions convenables et chauffée vers 200° à l'air sec, dans le tube même, jusqu'à poids constant. Nous avons introduit ensuite le chlorure dans l'appareil à densité contenant une quantité suffisante de sulfure de carbone pour submerger et au delà la masse, et, afin d'éliminer l'air existant dans les fissures des cassons, nous avons placé l'appareil ouvert sous une grande cloche renfermant de l'air sec dont nous avons diminué la tension au point de faire entrer le sulfure de carbone en une vive ébullition. Après avoir laissé pénétrer de l'air sec dans la cloche, nous avons de nouveau amené le sulfure en ébullition. Pour être certains d'enlever tout l'air existant dans les fissures, nous avons renouvelé à trois reprises ces opérations.

L'appareil ayant été rempli ensuite de sulfure de carbone, de manière à faire monter une partie notable de ce liquide dans le réservoir surmontant le tube capillaire, pouvant être fermé à l'aide d'un bouchon plein, usé à l'émeri, nous avons adapté le bouchon sur le réservoir, et nous avons introduit le tout sous une cloche à bords rodés, reposant sur un plan de verre dépoli, douci, et dont la planitude était parfaite. Sous cette cloche, nous avons placé également un flacon débouché contenant du sulfure de carbone pur, afin de saturer l'air de la cloche de vapeurs de ce sulfure, et d'empêcher ainsi la volatilisation de celui remplissant l'appareil à densité. Nous avons abandonné le tout, dans cet état, pendant dix-huit heures dans la salle des balances, pour permettre au sulfure do carbone

(1) Delà (Jéterminatùm du rapport proportionnel entre Fargent, les chlorures et les bromures. {Mémoires de l'Académie royale, année 188i, p. 45.)

contenu dans l'a[)pareil de prendre la température de l'air de la cage de la balance.

Après avoir retiré l'appareil de la cloche, enlevé le bouchon fermant le réservoir surmontant le tube capillaire et déposé pendant cinq minutes un poids de 100 grammes sur l'appareil, nous avons soutiré le sulfure de carbone contenu dans le réservoir. Nous avons de nouveau adapté le bouchon et placé l'appareil sur le plateau de la balance, où nous l'avons laissé jusqu'à ce que la colonne de sulfure fût descendue, par l'évaporation, au niveau du trait circulaire tracé sur le tube capillaire. Ace moment, on a fixé le poids du flacon contenant à la fois le sulfure et le chlorure préalablement pesés.

Du poids de l'appareil plein d'air sec, plein d'eau, plein de sulfure de carbone, plein de sulfure de carbone et de chlorure pesé, nous avons déduit le poids spécifique du chlorure de potassium, en ramenant tontes les pesées au vide.

Nous sommes entrés dans les détails qui précèdent pour montrer que nous avons eu recours à toutes les précautions nécessaires devant assurer l'exactitude des mesures. En agissant ainsi, nous avons obtenu les résultats suivants :

A. Chloruro (lu chloroplatinato n" 1 ... D 10° 1.889

B. Chlorure do pcrohloratc I) 10° 1.921

En MOYKNNK. . . D 10» 1.905

Ce poids spécifique moyen représente au gramme un volume de 0'™^5265 et déplace O^'^HTOSi d'air de plus que le gramme de platine servant à la pesée. En tenant compte des données météorologiques de l'air, lors de la pesée des chlorures, la densité moyenne de l'air est 1.2:20; par conséquent, un gramme de chlorure pesé dans l'air, avec un poids de platine, perd 0*''000o84 de plus que celui-ci Nous avons admis ce nombre pour réduire au vide toutes les pesées de cldorure que nous avons faites. Ce nombre est supérieur seulement de O^'^OOOOOOl à celui ayant servi à la réduction au

vide des pesées consignées dans la première série de déterminations, et se confond absolument avec l'incertitude de la pesée.

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