‹ OEuvres complètesChapitre 22 sur 124 · DES RÉSIDUS DE LA FABRICATION DU CHLORURE DE CIIAUX · texte numérisé non relu

DES RÉSIDUS DE LA FABRICATION DU CHLORURE DE CIIAUX

GénéralemenI, pour obtenir le chlore destiné à la fabrication du chlorure do chaux, on attaque le peroxyde de manganèse par l'acide chlorhydrique dissous. Le résidu de cette réaction est une solution de chlorure de manganèse, de sesqui-chlorure de fer et diacide chlorhydrique libre. Dans la plupart des usines belges, qui ne se trouvent pas sur le bord d'un cours d'eau, on laisse pénétrer dans le sol cette solution métallique au grand préjudice de la nappe d'eau potable des environs. M. Kuhlmann, au lieu d'altérer les sources d'eau et de perdre une substance métallique qui a une certaine valeur, évapore cette solution après en avoir saturé l'acide libre à l'aide de la craie. Cette saturation se fait dans un grand bassin en plomb. Un ouvrier projette de la craie divisée dans le liquide aussi longtemps qu'il se produit une effervescence d'acide carbonique. Ce terme atteint, la solution est évaporée à siccité, et le résidu solide est vendu à Paris aux usines à gaz éclairant. Là, ils servent à épurer le gaz. En effet, le sulfhydrate d'ammoniaque, qui rend le gaz infect, passe ainsi à l'état de sulfure de manganèse et de chlorhydrate d'ammoniaque fixes.

Telles sont, monsieur le Ministre, les dispositions des différents appareils qui servent dans les usines de M. Kuhlmann, à la Madeleine, à Saint- André, à Loos et à Saint-Roch, à fabriquer le sulfate de soude, à condenser l'acide chlorhydrique qui en provient, et à anéantir les émanations acides qu'entraîne avec elle la fabrication de l'acide sulfurique. Permettez'

moi,' en terminant cette description, de vous faire remarquer que M. Kuhlmann, comprenant lés obligations qu'impose aux industriels la situation de leur fabrique dans un pays à riches récoltes et dans la proximité des habi^ talions, a porté toute son attention à rendre inoffensif, tant pour les hommes que pour les végétaux, l'exercice d'une industrie qui présente de grands dangers d'insalubrité, quil n'a reculé devant aucuns frais d'installation d'appareils pour n'avoir pas à dépasser, dans la conduite des opérations, la rapidité compatible avec une condensation des vapeurs acides aussi complète qu'on peut le désirer dans la pratique. Aux termes de votre missive, je pourrais m'arrêter là, mais je sens que vous attendez quelque chose de plus de moi. Vous désirez, sans doute, que je vous dise quels de ces appareils, quelles de ces dispositions il convient de prescrire aux industriels de notre pays? Il me serait facile de répondre à votre désir, monsieur le Ministre, s'il n'existait pas dans d'autres usines des appareils fonctionnant également bien, ou s'il n'était pas possible d'atteindre le même but par d'autres dispositions que celles que j'ai décrites plus haut. Mais ce n'est pas le cas. Il existe, en effet, d'autres appareils, d'autres moyens de condensation. Il faut que je vous indique ceux que je connais qui sont susceptibles de marcher aussi très convenablement. Je ne peux pas vous dissimuler, toutefois^ que ce n'est pas sans une certaine hésitation que je vais essayer de répondre à votre attente, car je comprends la responsabilité qui pèsera sur moi, si vous venez à approuver mon avis.

Je vais parler successivement des fours à sulfate de soude, des différents systèmes d'appareils de condensation d'acide chlorhydrique applicables chez nous, et des moyens de condensation des vapeurs nitreuses et de l'acide sulfureux qui s'échappent des chambres de plomb dans lesquelles on fabrique l'acide sulfurique.

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