USINE DE SAINT-ROCB LEZ-AMIENS
L'usine de Saint-Roch lez-Amiens date du commencement de ce siècle. Elle n'appartient que depuis quelques années à M. Kuhlmann. Aussi, en entrant dans cet établissement, distingue-t-on immédiatement les installations dues à M. Kuhlmann des installations anciennes.
On y fabrique :
1" Du sulfate de soude et de l'acide chlorhydrique;
i" Du carbonate de soude ;
3° De l'acide sulfurique ;
4" De l'acide azotique;
5" Du chlorure de chaux.
Trois fours servent à la fabrication du sulfate de soude qui, d'ailleurs, est transformé en entier en carbonate de soude, dans l'usine même. Ces trois fours sont conformes à la description qu'en a donné M. de Marsilly, dans sa notice sur cette usine, insérée dans les Annales des Mines, de 1854. J'en dirai autant des fours à soude et des appareils à lessivage des soudes brutes; j'ajouterai seulement que, depuis la publication du travail de M. de Marsilly, M. Kuhlmann a installé à Saint-Roch le système barytique tel qu'il existe à la Madeleine, et comme depuis sa création l'usine en question se trouve de plus en plus entourée d'habitations après avoir été isolée, M. Kuhlmann, par un surcroît de précautions, y a installé un appareil de
condehsation supplémerilaire consistant en une grande citerne dans laquelle se trouve un lait de chaux très riche en alcali. Dans ce lait de chaux se trouve une roue à palette qui fait fonction de ventilateur pour appeler les gaz du four au travers du système des bonbonnes vers la cheminée. Cette roue, en tournant constamment, remue vivement la bouillie liquide, la projette dans l'atmosphère qu'il s'agit de priver de traces d'acide chlorhydrique et la lance contre les parois de la citerne.
Elle remplit donc un double but : elle sert à établir et à maintenir le courant gazeux et à présenter continuellement à ce courant un liquide alcalin, divisé et constamment renouvelé.
A la vue, il m'a été impossible de constater un dégagement d'acide chlorhydrique par la cheminée qui sert d'appel aux trois fours.
COINDENSATIOiN DE l'aCIDE SULFUREUX ET DES VAPEURS NFEREUSES RÉSULTANT DE LA FABRICATION DE l'aCIDE SULFURIQLE.
A l'usine de Saint-Roch, il existe deux batteries de chambres de plomb; l'une d'elles a été établie par M. Kuhlmann, d'après les mêmes dispositions que celles de la Madeleine, en remplacement d'une batterie en mauvais état ; l'autre, la plus petite, appartient à l'ancienne installation. Seulement, pour éviter autant que possible certains inconvénients que celle-ci présentait, M. Kuhlmann y a fait les changements que M. de Marsilly a indiqués dans son travail. A chaque système de chambres de plomb, il est adapté un appareil de condensation de l'acide sulfureux et des vapeurs nitreuses. Cet appareil se compose de deux séries de bonbonnes construites comme celles qui existent à l'usine de Loos. Les bonbonnes sont remplies primitivement d'eau jusqu'à la hauteur des tubulures latérales par lesquelles le liquide peut se déverser d'une bonbonne dans une autre, absolument de la même manière que dans la cascade adaptée au four à sulfate, à Loos. Les gaz entrent d'un côté du système et sortent du côté opposé pour se rendre dans
un conduit en maçonnerie où se trouve une couche de chaux hydratée. Au delà de ce conduit, il existe deux grandes bonbonnes remplies d*eau qui servent de témoins. En levant les raccords qui les unissent, on peut s'assurer qu'il s'échappe à peine des vapeurs nitreuses. Des témoins, les gaz se dirigent vers une cheminée en maçoimerie qui serl d'ap|)el au four à soufre et aux chambres de plomb.