PAPIERS
Depuis des siècles, on sait faire de beaux el bons papiers; ceux qui seraient tentés d'en douter n'ont qu'à ouvrir les ouvrages imprimés en Angleterre, en Belgique, en France, en Hollande, en Italie, pendant le xv% le xvi% le xvn* et le xvm* siècle, et en comparer le papier à celui de nos livres de luxe. Mais sa fabrication en grand, ou plutôt l'extrême importance de l'industrie du papier, ne date guère que de l'invention de la machine à papier continu, découverte qui a été faite en France vers le commencement de ce siècle.
L'exposition a mis hors de toute contestation qu'aujourd'hui on fabrique d'excellents papiers, dans tous les pays où l'industrie a fait des progrès. La raison en est simple : partout on se sert à peu près des mêmes appareils. Les différences que les papiers peuvent présenter résident dans la nature des matières employées, et, pour des matières identiques, dans le plus ou moins de soins apportés à leur mise en œuvre.
Néanmoins, tous les pays ne se trouvent pas dans la même situation pour sa confection. Abstraction faite de la question des eaux, dont la pureté presque complète est une condition inséparable de toute fabrication de beaux papiers, il y a la question du prix des chiffons, qui diffère si considérablement dans les divers pays. Parmi les pays où la papeterie a une très grande importance, l'Autriche se trouve évidemment dans la position la plus favorable pour le prix des chiffons; l'Angleterre et l'Amérique, au contraire, sont dans la position la plus défavorable. Les rapports extrêmes sont comme 1 à 2.
Voici d'ailleurs, d'après des renseignements qui nous ont été transmis
par un industriel important, les rapports du prix des chiffons de première qualité :
Amérique 70 à 72 francs le 100 kilogrammes.
Angleterre 63 à 65 — —
France 50 à 55 — —
Hollande 50 à 52 — —
Zollverein 48 à 50 — —
Belgique 46 à 48 — —
Autriche 28 à 50 — —
Ces chiffres concordent parfaitement avec ceux donnés par M. Didot, dans son rapport sur l'état de la papeterie, à l'époque de l'exposition universelle de Londres.
La rareté des chiffons dans certains pays a porté, depuis quelques années, l'attention à rechercher des matières capables de les remplacer avantageusement. C'est là l'origine du papier de paille, de bois, etc. Mais, il faut bien le dire, on n'est pas parvenu, à l'aide des fibres des matières ligneuses, à fabriquer un papier qui se rapproche, même de loin, par l'ensemble de ses propriétés, du papier de chiftons de la qualité la plus ordinaire.
La Compagnie anglaise des Indes orientales s'est surtout signalée dans la voie de cette recherche. Elle a envoyé, à grands frais, dans les Indes une expédition composée d'hommes éminents dans la science et l'industrie. Cette commission a parcouru toute l'étendue de ces vastes domaines de l'Angleterre, et elle a rapporté en Europe une riche collection de fibres textiles de différents végétaux, laquelle, à l'exposition, faisait l'admiration de tous les visiteurs qui s'intéressent à la papeterie. On ne doit pas en douter, un très grand nombre de ces matières sont éminemment propres à la fabrication d'un excellent papier. Les échantillons que la Compagnie s'était empressée de faire confectionner par les premiers fabricants d'Angleterre, le prouvent d'ailleurs surabondamment.-
Un membre du jury, M. D'Oliveira-Pimenthel, a fait, de son côté, des essais dans cette direction. Le papier d'agave qu'il a fait fabriquer se distinguait par une solidité extrême et un collage particulier, caractères que Ton rencontre toujours dans le papier confectionné avec toute substance neuve, à longues fibres textiles résistantes, et dont le papier provenant de chiffons vieux est toujours dépourvu.
M. Saunders, à Dartfort (Angleterre), fabrique en grand et a exposé un papier, fait à la cuve, à l'aide de chanvre neuf, blanchi au pré. S'il manque à ce papier cette blancheur éblouissante qu'on admire dans tous les beaux papiers, il possède en revanche une résistance, une solidité égale à celle du parchemin fort. Le collage naturel qu'il présente lui communique une grande transparence.
Le gouvernement anglais, préoccupé du défaut de durée que présentent beaucoup de papiers dont la pâte a été blanchie au chlore ou aux chlorures décolorants, fait fabriquer depuis quelque temps, pour les actes publics, du papier avec des chiffons blancs, et dont la pâte n'a reçu le contact d'aucun agent chimique décolorant, chlore ou hypochlorite. M. Hollingworth, de Maidstone (Kent), qui fabrique ce papier pour ce gouvernement, en a exposé. Il était fort solide, sans être épais, d'une pâte pure, et légèrement azurée. L'examen attentif que nous en avons fait nous porte à penser que notre gouvernement ferait chose utile d'imiter l'Angleterre et d'en ordonner l'emploi pour la rédaction des actes publics de l'État, des provinces, des communes, pour certains timbres, et, en général, pour tous les écrits qui doivent être conservés intacts pendant de longues années. Ce qui nous engage à appeler l'attention de l'autorité sur cette question, c'est la conviction dans laquelle nous sommes qu'une très grande quantité du papier actuellement fabriqué ne résistera pas au temps, comme l'ont fait les papiers anciens. Nous sommes bien persuadé aussi que, si une foule des écrits qui composent les archives de l'État et des communes avaient été tracés sur le papier dont nous disposons, nous ne les posséderions plus
intacts aujourd'hui. Ce qui nous donne cette conviction, c'est l'expérience du passé. Combien ne rencontre-t-on pas de livres, imprimés en Belgique et ailleurs, de 1830 à 1835, dont le papier, très blanc d'abord, a jauni ensuite, et a perdu tellement sa consistance, que les feuilles cassent lorsqu'on essaye de les plier ! Personne n'ignore la cause de ce mal. C'est le blanchiment de la pâte du papier, qui, pendant nombre d'années, s'est fait très mal partout, non pas au point de vue d^ la blancheur, mais sous le rapport de la quantité et de la concentration des décolorants employés. Tout le monde est d'accord pour reconnaître que l'opération du blanchiment s'exécute actuellement avec infiniment plus de soin et que les papiers présentent beaucoup plus de garantie quant à leur durée. Mais s'ensuit-il que l'agent de la décoloration, qui altère le papier s'il reste confiné dans la pâte, en est complètement éliminé? Certainement non, malgré l'emploi de Va7itichlore (sulfite de soude), qui d'ailleurs ne réalise pas les avantages qu'il semblait permettre, et qui même présente des inconvénienls dans son emploi, comme l'expérience l'a prouvé. En effet, la pâte blanchie au chlore et bien lavée après, additionnée ensuite de sulfite de soude tel que les fabriques le livrent, s'acidifie très sensiblemeiit à la longue. Le papier contient dans ce cas du bisulfate de soude : l'analyse l'a démontré.
Nous disons que le chlore et le chlorure de chaux employés à la décoloration ne sont pas toujours entièrement éliminés de la pâte, même de celle qui est lavée et traitée avec le plus de soin. Ce fait, tous les fabricants de papier peuvent le constater : il suffit pour cela de tremper une bande de papier dans de Veau d'amidon additionnée d'un centième de son poids d'iodure de potassium pur (^); pour peu que la pâte retienne du chlore ou
(1) Nous appelons eau d^amidon, de l'eau pure que l'on a fait bouillir pendant quelque temps avec 1/200 de son poids de fécule de pomme de terre ou d'amidon, et que l'on a filtrée ensuite à travers du papier blanc «on collé. L'expérience ne réussit complètement que pour autant que l'iodure de potassium ne renferme pas d'alcali libre, caustique ou carbonate. Pour obtenir l'iodure dans cet état, il faut le dissoudre d'abord dans l'alcool concentré, filtrer et évaporer la solution obtenue ; reprendre le résidu, le dissoudre dans la
du chlorure de chaux, ou même de l'acide chlorhydrique, en retirant la bande du liquide et en l'abandonnant à elle-même sur une surface de porcelaine bien propre, au bout de très peu de temps il apparaît des points bleus plus ou moins rares ou nombreux, petits ou volumineux, suivant que les opérations du blanchiment et du lavage ont été relativement bien ou mal exécutées. Quelquefois toute la surface de la bande de papier se teint d'une couleur bleue «ssez foncée.
Nous avons emporté avec nous une collection des papiers exposés, et nous devons déclarer que nous sommes parvenu, à l'aide du moyen que nous venons d'indiquer, à découvrir le chlore dans la pâte d'un très grand nombre d'entre eux. On peut affirmer que ces papiers, dont la blancheur est éblouissante aujourd'hui, finiront par se picoter un jour et se couvrir de tâches jaunes.
Ainsi, on le voit, la proposition que nous faisons d'examiner la question de savoir s'il ne convient pas de fabriquer un papier spécial pour les actes publics et privés qui doivent résister à l'action du temps, repose sur des faits pertinents. D'ailleurs, l'initiative prise par le gouvernement anglais dit assez que cet avis mérite d'être pris en sérieuse considération.
L'exposition a révélé une modification apportée au blanchiment de la pâte de papier. Elle est due à M. Didot, dont le nom, depuis un demisiècle, est inséparable de l'industrie des papiers comme de l'imprimerie. Cette modification consiste à opérer le blanchiment sous l'influence d'une solution de chlorure de chaux, traversée par un courant d'acide carbonique; ce qui réduit cette opération à l'emploi de Vacide hypocliloreiix, l'agent de décoloration le plus énergique : la science démontre, en efl*et, que le chlorure de chaux fournit de l'acide hypochlorcux sous l'influence
plus petite quantité d'eau possible, et ajouter à la solution de l'iode, jusqu'à ce que le liquide soit coloré en jaune brunâtre, évaporer ensuite jusqu'à siccité, et chauffer jusqu'à décoloration complète du résidu. Ce résidu, dissous pour ijiOO dans Veau filtrée d'amidouy constitue la liqueur d'épreuve.
de Tacide carbonique, et même par l'action du chlore libre, qui, dans ce cas, pourrait parfaitement remplacer ce dernier acide. Le blanchiment s'exécute par cette méthode dans un temps beaucoup plus court que par les autres méthodes connues.
La simple prudence a fait au jury le devoir de s'abstenir de se prononcer sur la valeur de ce procédé; qu'il soit excellent pour opérer le blanchiment, personne n'en doute; mais celte décoloration si rapide n'altérerat-elle pas la fibre textile? L'expérience seule peut répondre à cette question. Quoi qu'il en soit, cette méthode est déjà mise en pratique dans plusieurs usines.
Le blanchiment de la fibre ligneuse présente de grandes difficultés, en ce sens que, la décoloration accomplie, elle jaunit ensuite lors de son exposition à l'air, et surtout sous Vinfluence des alcalis. D'après notre collègue, M. Warren de la Rue, on est parvenu en Angleterre à remédier à cet inconvénient par une modification très rationnelle du procédé de blanchiment au chlorure. Au lieu de pratiquer cette opération à froid, comme cela se fait aujourd'hui, on l'exécute à 100". Ainsi, on porte la solution de chlorure de chaux h 1 ebuHition en présence de la fibre à décolorer. A froid, l'action du chlorure de chaux est généralement déshydrogénanle par son chlore, tandis qu'à chaud elle est oxydante par l'oxygène qu'il dégage; elle rentre ainsi dans le blanchiment à l'air, à la lumière et à l'eau. Quoique les prévisions théoriques soient favorables à ce procédé, il faut néanmoins, pour le juger, attendre que l'expérience ait prononcé, il faut attendre surtout pour l'appliquer au blanchiment des fibres textiles. Car, si, mieux que tout autre, il peut mettre la fibre à l'abri du chlore, celle-ci a à craindre l'action destructive de l'oxygène, qui peut, aussi bien que la première, lui enlever la consistance qu'elle doit conserver.
Deux perfectionnements ont été signalés pour la fabrication du papier :
tous deux sont dus à l'Angleterre; l'un concerne le collage, le second le
moulage de certains objets en papier.
Le papier fait à la mécanique se colle toujours dans la pâte même. On a imaginé dans ces derniers temps une machine, à l'aide de laquelle on pratique facilement le collage du papier déjà confectionné et à moitié séché. M. Hollingworth, que nous avons cité plus haut pour le papier destiné aux actes publics, a exposé un superbe papier, d'un excellent collage, fait par cette méthode. D'après les renseignements que nous avons eus, elle consiste à faire passer lo papier continu entre deux cylindres garnis de feutres, sur lesquels arrivent, en sens opposé, des jets de gélatine. La feuille, après avoir traversé une auge remplie encore de gélatine, s'engage entre deux cylindres de bronze, de manière à ne conserver que la quantité de gélatine nécessaire; puis elle est séchée sur des cylindres chauffés.
MM. Brown et Mackintosh ont découvert un procédé particulier de moulage d'objets que l'on a l'habitude de confectionner à l'aide de papier en feuilles, tels que des sacs, des cartouches et des gargousses. MM. Pirie et fils, de Londres, ont exposé des produits fabriqués d'après les procédés des inventeurs. Ces objets, que nous avons eu l'occasion d'examiner, présentaient une grande résistance à la traction ; leur collage, fait dans la pâte même, était tel que nous avons pu conserver de l'eau dans une cartouche pendant une heure, sans qu'une seule goutte traversât la paroi. Incontestablement leur emploi sera très avantageux pour l'art de la guerre, quand leur prix de revient sera à peu près celui des cartouches ou des gargousses ordinaires.
jNous l'avons déjà dit, on fabrique très bien partout le papier; néanmoins, c'est en Angleterre, en France et en Prusse qu'on rencontre des papiers de qualités réellement exceptionnelles. Aucune fabrique ne surpasse la perfection du papier anglais destiné à l'impression, et peu de fabriques françaises et prussiennes l'atteignent. Nous en dirons autant des papiers anglais destinés à l'écriture, qui sont surtout extraordinairement remarquables par la pureté de la pâte. Gomme on le sait, ce dernier genre de papier y est collé à la gélatine, tandis qu'en France, en Belgique et en Prusse, on pra-
tique le collage à Taide d'un savon résineux et alumineux, additionné d'amidon. L'essai comparatif fait sur un grand nombre de papiers collés par les deux procédés, a fourni un résultat plus avantageux au collage à Tamidon, en ce sens que la plume glisse trop facilement sur le papier à ia gélatine, que l'encre s'y étale et que les traits se dépouillent ainsi de la netteté qui doit caractériser l'écriture. Le papier à la gélatine a un autre inconvénient, c'est celui d'exiger presque constamment l'emploi du papier buvard; mais, il faut le reconnaître, il a l'avantage de fournir un papier d'une résistance, d'une solidité réellement supérieures à celles des papiers obtenus à la colle d'amidon.
. La collection de papiers serpentes de M. Hœsch, de Dûren (Prusse), destinés à la fabrication des fleurs artificielles, surpasse par leurs qualités tous les produits similaires exposés. Cette collection se composait de papiers de 72 nuances différentes, plus vives les unes que les autres.
Enfin, notre collègue, M. Steinbach, de Malmedy (Prusse), a soumis à l'inspection du jury le genre de papier qu'il fabrique pour la photographie; ce papier est sans rival pour l'extrême pureté de la pâte et la perfection de sa fabrication. On peut dire que les photographes de tous les pays sont réellement les tributaires de cet habile industriel.
La Belgique a été dignement représentée. Cinq exposants ont concouru; le jury les a tous récompensés. Parmi eux se trouvait MM. L. Godin et fils, à Huy, dont les papiers jouissent d'une réputation européenne justement méritée.
S'il est vrai que l'immense collection de papiers de tout genre, de tous formats, de tous prix, que cette maison avait exposée, ne renfermait pas quelques échantillons exceptionnels et de grand luxe, comme ceux, par exemple, de Cowan, de Saunders, de Hollingworth, en Angleterre, de Ganson et de Montgolfier, etc., en France, de Steinbach et de Hœsch, en Prusse, il est tout aussi vrai que les papiers de M. Godin, sans en excepter une seule feuille, quel que fût leur format ou leur qualité, se
distinguaient par une perfection et une uniformité extrêmes de travail.
La pâte, toujours plus ou moins laiteuse, par suite de l'introduction d'une certaine quantité de matière plastique, en est d'une très grande pureté, et on n'y constate aucun défaut. Le collage en est également excellent.
Les papeteries de M. Godin sont une des organisations industrielles de ce genre les plus remarquables, sinon les plus importantes que Ton connaisse. Elles se composent de trois usines distinctes; deux sont situées à Huy et une à Andenne ; il s'y trouve 18 machines à vapeur de 270 chevaux ; 5 roues hydrauliques de 110 chevaux; 5 machines à papiercontinu. M. Godin procure du travail à 1,028 ouvriers; enfin, pendant les années 1852, 1855 et 1854, il a produit pour 7,050,000 francs de papier, soit pour une moyenne annuelle de 2,550,000 francs.
Pendant ces trois années, il a exporté pour 2,580,000 francs de papier en Angleterre, en France, en Hollande, etc., soit une moyenne de 860,000 francs. De l'avis de M. De Canson, le rapporteur du jury pour les papiers exposés, et dont personne ne s'avisera de décliner la haute compétence, les papeteries de M. Godin peuvent être citées comme modèles pour leur excellente organisation intérieure. Ce sont, en effet, de magnifiques établissements, oui tout le travail s'exécute avec une rare régularité et une économie qui seules permettent, par la diminution de prix qu'elles amènent, de lutter avantageusement sur le marché intérieur et extérieur. En ce qui nous concerne, nos renseignements nous autorisent à affirmer que la conduite de M. Godin envers ses ouvriers est digne des plus grands éloges. Il intéresse ses ouvriers dans la quantité et dans la qualité des papiers produits; il est parvenu ainsi à améliorer notablement leur sort. Le jury, n'ayant pu proposer de médaille d'honneur pour aucun exposant de papier, a dû se borner à décerner à M. Godin une médaille de première classe.
M. Louis Piette, directeur de la papeterie du Pont-d'Oie (Luxembourg), avait envoyé une très grande collection de bons papiers pour tous les
usages. Le collage en est excellent; peut-être la pureté de la pâte laisset-elle quelque chose à désirer. Mais l'exposition de M. Piette était remarquable par les papiers obtenus à l'aide de matières végétales de toute nature. Aucun industriel n'a fait autant d'efforts pour découvrir des substances pouvant remplacer les chiffons dans la fabrication du papier. Parmi tousses essais plus ou moins fructueux, nous devons citer le papier de paille pure : celui-ci surpassait, et de beaucoup, par sa grande résistance, sa blancheur et une certaine pureté de pâte, tous les papiers de paille exposés.
Le n° 2 du journal des fabricants de papier (octobre 1854), publié par M. Piette, est imprimé sur papier de paille pure. Chacun peut donc se convaincre de la qualité intrinsèque de ce produit.