BOUGIES DE TROISIÈME QUALITÉ
1° Bougies de distillation de la maison Frémeon et Malcral, à Vienne (France), près de Marseille (non compris les frais d'emballage et de transport), paquet de 15 onces 9*^
2° Bougies de saponification calcaire d'origine autrichienne, paquet de 15 onces lO''
(J) Le point de solidification est de O^o plus bas que celui des n°' 2 et 3. Du reste, elles sont tout aussi dures et aussi sèches au loucher. (2) Le point de solidification est de 0.8 plus bas que celui des n°' 2 et 3.
M. Mavrogordato ayant bien voulu joindre à ces renseignements un échantillon de bougies, j'ai pu établir une comparaison minutieuse entre elles. Il résulte de cette comparaison, comme des prix eux-mêmes, qu'à qualité égale, les bougies d'origine belge et hollandaise sont vendues à meilleur marché que les bougies autrichiennes et françaises; à certains égards, elles sont même à meilleur marché que les bougies d'origine anglaise. Ce dernier fait explique l'envahissement du marché anglais par les produits belges et hollandais. A prix égal, les bougies de ces deux pays ont un point de fusion plus élevé et sont beaucoup moins grasses au toucher que les bougies anglaises. Le toucher gras des bougies anglaises provient de l'introduction de corps. gras neutres, tels que beurre de coco ou de palme blanchi et pressé.
Avant de finir, qu'il me soit permis d'ajouter quelques mots sur les deux établissements auxquels notre pays doit cette situation prospère. L'importance qu'a prise cette fabrication en Belgique est due aux premiers efforts de MM. Adolphe De Roubaix et Oudenkovcn, à Anvers, qui, dès 1853, appréciant sainement l'avenir réservé à la saponification sulfurique, l'exécutèrent dans leur belle usine de Borgerhoul, concurremment d'abord avec la saponification calcaire et aqueuse, et ensuite seule. Le développement qu'ils donnèrent à leur établissement, grâce à leur activité extrême et à leur intelligence, fut suivi d'heureux résultats; en effet, l'exportation, qui jusqu'en 1855 était de 59,500 kilogrammes seulement, fut portée l'année suivante à 400,000 kilogrammes, c'est-à-dire qu'elle fut sextuplée et au delà. Dès 1855, ils utilisèrent, en le modifiant toutefois beaucoup au point de vue économique, le procédé Rnab de la saponification sulfurique, dite instantanée. Sous le rapport de l'organisation intérieure, de la stricte économie qui y préside, je ne connais point d'établissement stéarique qui soit supérieur à celui dont nous nous occupons.
Peu après la transformation opérée dans la fabrication des acides gras dans le pays, par MM. Adolphe De Roubaix et Oudenkoven, à Anvers,
M. De Roubaix-Jenar et C'% qui, depuis plusieurs années déjà, avaient repris l'usine créée par M. Quanonne, en 1855, entra dans la même voie; aidé par son activité prodigieuse et sa rare habileté, il donna à sa fabrication un développement très considérable. J'ai visité un très grand nombre d'usines, mais je n'en ai jamais vu où, sur une surface si restreinte, il y eût plus de machines et d'individus agissant sans se gêner mutuellement, tant l'ordre y était admirablement établi.
Pendant que le jury délibérait sur ses produits, la fabrique devenait la proie des flammes. Depuis trois mois, il ne reste déjà plus de trace de ce sinistre, l'usine est rebâtie sur des proportions plus considérables encore, en séparant cette fois avec soin les différents ateliers les uns des autres. Elle constitue aujourd'hui non seulement un des trois ou quatre établissements les plus importants de ce genre qui existent sur le continent, mais on peut sans hésiter la citer comme un modèle à suivre pour l'érection de fabriques de ce genre. Est-il nécessaire maintenant de répéter que MM. De Roubaix- Jenar et Janssens ont inventé et appliquent chez eux le procédé de saponification sulfurique le plus économique connu, et j'ajouterai même le plus parfait ?
Les produits fabriqués par les maisons De Roubaix sont tellement connus et appréciés pour leur excellente qualité jointe à leur bon marché, qu'il est presque superflu de dire que le jury leur a voté la médaille. La même récompense a été décernée aux excellents produits de la maison Curie et G'®, à Gentbrugge lez-Gand, au sujet de laquelle je ne puis entrer dans aucun détail, vu que je ne possède aucun renseignement sur leur système de fabrication. En votant une mention honorable à MM. Quanonne et Middagh, le jury a voulu constater les qualités des bougies exposées, et récompenser en M. Quanonne père l'introducteur de l'industrie stéarique en Belgique.
Je termine cet exposé, beaucoup trop long, j'en conviens, sur la situation actuelle de l'industrie stéarique, en constatant qu'il revient aux fabricants
belges une part très honorable dans les progrès réalisés depuis les sept dernières années, tant sous le rapport des perfectionnements apportés aux procédés de fabrication, que sous celui du développement de cette industrie. En constatant ces faits avec un sentiment bien légitime de satisfaction, qu'il me soit permis d'ajouter un conseil. Il ne suffit pas dans une branche quelconque de l'aclivilé humaine de s'être mis au niveau, d'avoir même, à un instant donné, dépassé les autres, il faut savoir maintenir sa position. Pour y parvenir, il est absolument indispensable de progresser toujours; c'est à cette seule condition que nos usines, admirablement placées d'ailleurs, pourront conserver le rang éminent qu'elles ont acquis.