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dite fractionnée; elle s'effectue par les mêmes appareils; mais, à cause de la grande volatilité du naphte existant dans certaines variétés de pétrole, la rectification exige plus de précautions encore que celle de l'huile de schiste pour se mettre à l'abri des dangers d'explosion et d'incendie. Les tubes verticaux qui terminent les appareils de condensation, toujours soigneusement refroidis, doivent absolument traverser la toiture des ateliers et déverser en plein air, et loin de tout foyer, les gaz et les vapeurs non condensés.
Le fractionnement des produits fournit :
\° Des hydrocarbures bouillant vers la température de 20 à 40" et dont la densité est de 0.600 à 0.640;
2° Un hydrocarbure bouillant vers 45 à 46" et dont la densité est 0.700;
S*' Des hydrocarbures bouillant de 95 à 150°, dont la densité varie de 0.780 à 0.800.
Ces liquides constituent le photogèiie du pétrole ou le pétrolène du commerce ;
4" Des hydrocarbures paraffinés d'une densité de 0.800 à 0.850;
5° Du goudron.
Les deux premiers produits constituent les naphtes de pélroléum et possèdent une odeur très forte et pénétrante; ils sont à peine colorés; le troisième présente une odeur assez prononcée, mais il est légèrement coloré; le quatrième est peu odorant, mais fortement coloré. Le traitement employé pour la désinfection et la décoloration des huiles rectifiées de schiste décolore complètement le pétrolène et en transforme également l'odeur, qui ne présente absolument plus rien de désagréable. D'ailleurs, la simple rectification de la plupart des variétés de pétrole fournit des hydrocarbures capables de servir à l'éclairage, si peu odorants et si peu colorés, qu'aujourd'hui on trouve dans le commerce beaucoup de pétrolènes ou des photogènes qui n'ont pas subi le traitement à l'acide sulfurique. On se
borne souvent à un battage au lait de chaux, et l'huile simplement décantée est vendue sans avoir été redistillée.
Les naphtes de pétrole, convenablement rectifiés et modifiés dans leur odeur par le contact successif de l'acide sulfurique et des alcalis, possèdent une faculté dissolvante des plus énergiques. Ils peuvent être employés en remplacement du naphte du goudron de houille et des essences, pour tous les usages auxquels on emploie ces corps, comme pour le dégraissage des tissus, des peaux; pour l'extraction des huiles fixes par le procédé de M. Deiss; pour la fabrication des vernis à l'esprit, à l'essence et même à l'huile; pour les couleurs à l'huile. Les vernis et couleurs préparés à l'aide du naphte se sèchent avec une promptitude extrême, trop grande peut-être chez les naphtes de faible densité, pour la solidité de certaines peintures.
Les huiles lourdes peuvent, après la séparation de la paraffine, servir pour le graissage, en remplacement des corps gras neutres ordinaires; elles sont, en effet, très visqueuses, peu volatiles, s'oxydent très difficilement et, partant, n'altèrent point les métaux.
Le goudron de pétrole, dont la quantité ne s'élève pas au delà de 10 p. c, fournit, par la distillation sèche, du naphte, des huiles propres à l'éclairage et des huiles paraffinées.
Il y aurait lieu de rechercher si la volatilité des hydrocarbures impropres à l'éclairage, qui se trouvent en si énorme quantité dans certains pétroles, ne pourrait pas être diminuée à l'aide d'une simple transformation moléculaire. Il se peut que le contact prolongé de l'acide sulfurique concentré, à une température voisine de celle oii ces corps éprouvent une altération avec dégagement d'acide sulfureux, détermine cette modification. Je signale le cas à l'attention de nos industriels. Si on parvenait à réaliser cette transformation, on doublerait évidemment la valeur de beaucoup de pétroles.