‹ Œuvres complètesChapitre 28 sur 73 · DE MARCELLUS · texte numérisé non relu

DE MARCELLUS

Idiu, polir ce beau jour ceuei d'être berg««; ezpoTtervaiToii au-dessus des fougères; caninli Tos jeui s'ïut^resse aujourd'hui; ulei, par los beaun airs , les champi dignes de I ji. Sera ! oùiuis-je eulevéPQuelssu perbes specladei ! UcD par mes accents va rendre ses ondes.

vob éctore enfiu ce nouvel nuiTcn dianté la Sibylle en prophétiques vers ; s un nouveau peuple orner cette contrée; D des deux Thémii deeeend avec Astrée;

r r/» EGLOGUE IV.

Saturne sur nos champs revient régner encor Et ramène aux mortels les jours de Tâge d'or.

Il est né ce héros pour qui les destinées Marquaient un nouvel ordre et de mois et d'à Tendre divinité, compagne des amours, Lucine, à son enfance accordez vos secours, Descendez sur ces l)ords ; Apollon votre frère Des Grâces et des Arts y tient le sanctuaire.

Illustre Pollion , ton brillant consulat Va des siècles dorés voir renaître Téclat.

Les vertus de retour , par d'aimables prodiges Des antiques forfaits effacent les vestiges : Jupiter nous promet un heureux avenir; Il ne lui reste plus de crimes à punir.

Un jour dans cet enfant d'immortelle origine Revivront les héros de sa race divine :

Sur l'univers paisible il régnera comme eux ; Il tiendra même rang dans le conseil des dieux.

Aimable Marcellus, la reine de la terre Vient déjà vous offrir et l'acanthe et le lierre; Elle pare sim front des plus vives couleurs, £t vous forme un berceau de verdure et de fleurs; IjC lait coule à grands flots dans chaque bei^erie; On voit naître en tous lieux les parfums d'Assyrie; Les bois ne portent plus \qs funestes poisons;

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Le loup, moiiis aflioné , laisse en paix nos montoi».

C'est pea : d*autres bienfeils enrichiront le nioude ; Les fruits seront plus beaux, la moisson plus féconde, Lorsque vous apprendrez de vos aïeux vainqueurs L'héroïsme guerrier et la loi des grands cœurs; Chaque Naïade alors versera de son urne Des flots de pur nectar , comme aux jours de Saturne : Une riche vendange, après d'amples moissons, Offrira des raisins jusque sur les buissons : C'est ainsi qu'aux mortels les faveurs destinées S'accroîtront par degrés et suivront vos auuéi». Pendant ces premiers temps d'un plus bel univers, Des vaisseaux couvriront encor les vastes mers , Nos campagnes encor se verront labourées , Nos villes de remparts resteront entourées :

Peut^tre un autre Argo, sous un nouveau Tipliys, Portera des guerriers sur les champs de Thétis; l'eut-dtre verra*t-on les murs d'une autre Troie Au fer d'un autre Achille abandonnés en proie : Mais ces restes légers de nos mallieurs passés Disparaîtront enfin, pour toujours effacés.

Dès qu'après l'heureux cours d'une jeunesse illustre La Parque filera votre cinquième lustre; Et quand , passant des jeux aux soins de votre rang. Vous marcherez égal aux dieux de votre sang,

al mille fleim

IiiC ÉGLOGUE IV.

nicn av manquera plus au lioiiheur de la terre; U pai\an fouclilii S(j s. replongera la guerre; l'écuiiJe égalemeul pour lous ses eiloyens, U leiTu en tous diniau produira Ions tes biens k traveis lus périls des ( agues incertaiues ]40U!i u'iroos ricD rbcrchcr sut des plages lointa Sans exJgcrntssoiiis.lesFOleaiix, lesguércls rixeroutcD tout Icmps el Bacchus el Corès; '.Js arU laborieux deviendront inutiles ; ;L£siui)iitons,en|iaimant eut nos rites fertiles, itrilleroni retèlus des plus riclies couleurs ; :

'industrieux travail de la simple nature, lus tes seeours de l'art, produira leur ponire. Us seront, ces beauijaiirsrdu temple des dest ne voix me transmet cis augures certains.

Déjà , pour accomplir ces fortuné* presses.

Les trois fatales suiirs, souveraines des Ages, :t adouci leurs lois , et Gotlio prend encor fuseau qui servit à Hier l'ùge d'or.

ivrcï de ces beaux jours l'iiéroïque carrière; ^nns attendre le temps franchissez la barrière ; Partcx , suivez la gloire , eulànt cbéri des cieui , Du beau sang de Ténus rejeton prccieui.

K.I1X Iioiiueiirs de vus ans tout se montre MDsîUi

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Le ciel est plus riant, Neptune est plus paisible; L'unÎTers , assuré d'un sicde de bonheur, Applaudit an berceau de son restaurateur.

O jours! ô temps heureux ! ô si les destinées Étendaient jusque-là le fil de mes journées!

Ajiguste Marcellus , à chanter vos exploits Je Tondrais consacrer les restes de ma voix; Pour ces pompeux sujets, ma muse, rajeunie.

Vaincrait tous les concerts des fils de Polymnic : Pan même, à mes accords s'il comparait ses sons, Pftn même s'avoûrait vaincu par mes chansons.

Commencez, heureux fiLs d'une mère charmante. Commencez de répondre à sa plus douce attente ; Par de justes retours comblez ses tendres vœux ; (Joe vos premiers souris s'adressent à ses yeux. Pour vous PAmour élève une jeune déesse Dont il vous oiirira la main et la tendresse : Tivez, et que vos ans, égaux à nos désirs.

Soient remplis et filés par la main des Plaisirs.

NOTES

Ce ne sont point des bergers qui parlent dan» cette pièce, c'est le poète lui-même, à qui des tons plus

-fr.

ii8 EOLOGUEIV.

élevés sont permi>. Quelques-ans le blâment d*iToir |<f>: mis au rang des églogues un sujet si pompeux, et \.ty. qui parait plutôt du ressort de Fode. Si Virgile eAt été du sentiment de ses censeurs , nous y eossicns perdu une de ses plus belles é^^ogaes.

Un consul à vos jeux s'intéresse aiqoaidliui. Pollion.

Sur l'anÎTers paisible il régnera conune eux.

Cette prédiction pourait-elle se faire d*iin fils de Pollion , dont plusieurs interprètes soutienoeot qae Virgile chante ici la naissance? Elle ne conrenait sans doute qu'à l'héritier présomptif de l'empire , an seul Marcellus, neveu d'Auguste, et adopté par cet empereur, qui n'avait point de fils.

Au fer d'an autre Achille abandonnés en proie.

Ce vers et les trois précédents sont allégoriques. Par eux Virgile indique les préparatifs de la flotte qu'équipaient les triumvirs, Octavien et Antoine, pour attaquer Sexte Pompée, fils du grand Pompée, qui soutenait eu Sicile les restes du parti républicain. Il fut défait dans uii combat naval. Syracuse fat cette

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seconde Troie ; Octavien César fut ce nouvel Achille. Ces applicalions sont pleines de beautés : nous eu derovs la déconverte au savant P. Catrou.

Do beau sang de Vénus rejeton prédeox.

La fable romaine faisait descendre la famille den Césars de Vénus par Énée , fils de cette déesse.

Pour vous l'Amoar élève une jeune déesse.

Julie, fille d'Auguste. Marcellus épousa cette priucesse. Les prédictions de Virgile ne furent pas vérifiées dans tonte leur étendue. Ce prince aimable, l'etipuir et les délices de l'empire romain , mourut à la fleur de son âge. Le sixième livre de l'Enéide fiuit par une plainte très tendre sur la mort prématurée de ce jeuue béros.

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