MÉLIBÉE
iSous de frais alisiers Daphnis était assis:
Près de lui deux bergers, Corydon et Tjrrcis, Gardaient tranquillement, couchés sur des feuillages. Leurs troupeaux réunis dans les mêmes herbages ; Tous deux jeunes encor, nés aux mêmes hameaux , Dans Tart de bien chanter furent toujours rivaux. Ils allaient commencer leur dispute incertaine; Le hasard m'amena Ters le lieu de la scène :
iJis fiGLOGUE TH.
{Je tlierchais mon Uélicréf;arc dans ces chai Taudis ([ue je jila^ais mes mvrrei Idld dts vei "'Venei, ineditDap)iiiis,j'aivu dans cette i >' Un bélier vagabond, que vous cherchez, san: •• Soyez moins inquiet, il suivra les troupeau: " Que le soir va conduire aui sources de ces i " Partagez avec nous, sur ces rives fécondei, ~ Le plaisir d'un concert et la fraicheur des o «Ce beau Oeuve,en baignant ce bocage secri •■('«ule phis lenlemenl, et s'éloigne à regret; -A DOS yeux enchantés son eiystal représent - D'un ciel riani et pur la peinture floltaute: «Là le bruit de l'ahei lie errante sur les Oeuri " Joint lui. chants des oiseaux des sons'doni
Il dit. ne tant d'attraits pouvais-je me défe D'aulressoins m'appelaient! mais il fallut me I Déjà l'heure approi'hait de fermer mon berd En faveur des hergers je remisée traiaih Soumis aiiv doctes lois des muses pastorales, Tour4-lour ils forniaienl des cadences égales Dans ses eliansons Tyreis parut trop plein d't Le chant de Corydon avait plus de douceur.
Vous qui Tonnez Codrus, dcilésd'HippotTéa
MËLIBËE. m
met auisi moD goill aux plus aimables vent ; jspends pour toujours ma fldie à ce vicu:( IréDe, ae m'est poiat danné d'égaler s«s beaui ain.
s, dont l'art aux beaux vers donne l'ame et 11 rie, 1 lierre immortel, muse, parez maa front; le pile Codrus en expire d'envie ; ponr lui mes bomieurs soieut iic monel affivDt.
ise des cbasseiirs, agréeimon bommage, icerfsur votre autel j'ai suspendu le bois; 1 porpbyre brillant j'ornerai votre image, bébua votre frère aoime mon bautbois.
t les ans d'un lait pur une coupe t'est due, pe ; c'est assez pour un dieu tel que toi :
on troupeau s'accroit , j'ornerai la statue, uu tous DOS jardins nous cbérironi la loi.
-mante Gaktée, aimable Néréide , lont le plus beau cygne envîrait la blancheur, m'aimes eucor, quitte la gratte humide , J toir avec moi viens goûter la fraîcheur.
iphequeje chcris, que Ion cœur medédaigni'.
KGLOGUE VI
lU fuit les j)oii;uui de Sard
le printemps esl&Di:1ïs troupeaux aille lieuxs
Déjà eberohent k fuir les premières rhateurs; llèlres, couvrez le mieu de vos plustraichesD Itu issea ux , chaDgez pour lui vos bords eoUls d
Quand l'Iiiver revenu nous chiuse des brujèi Mon foyer me défend du souflle des autans ; Je le crains aussi peu qu'un loup craJDl des bi Et j'allends que Proguè m'aimoDce le printei
Dans ta saison des fniils tout ril en ces cauipt Iphis est parmi nous, tes jeux sont avec lui; IVIais si ce beau berger sortait de uos moutagr l'ieurj , fontaines, ruisseaux , lout sécherait d
Tout languit dans uos cbamps quand Phjllis
Llierbe meurt, l'air moius pur nous voile le! Dès que Pbyllis revient, la terre est plus rian Le soleil reparait dans un char plus t-ermeiL
MÉLIBËE.
CORYDOIf.
L'ormeau plaît au dieu Pau, le pampre au dieu dai
tomue , Le laurier à Phébus, et le mjTte à Ciypris :
Mais le vert coudrier pare mieux ma couronne ; Il plaît à ma bergère, il mérite le prix.
L'arbre chéri d'Alcide orne bien un rivage.
Le chêne une forêt, le tilleul un jardin :
Mais la jeune Phyllis les orae davantage Quand elle y vient cueillir les présents du matin.
MiLIBÉE.
Des deux bergers rivaux telle fut la dispute; Ils joignirent aux vers les accords de la flûte. En vain le fier Tyrcis jugea son chaut vainqueur; Corydon enleva mon suffrage et mon cœur.
NOTES
Ce beaa fleuve , en baignant ce bocage secret...
Le Mincie , rivière du Mantouan , aujourd'hui le Menzo. ^
IJI. !•
146 LGLOGUE VII.
Voos qui formez Codras, datés d*Hîppoa^ne.-.
Poète illustre, ami et contempcurain de Virgile. Ses uiivrages ne nous ont point été conserrés.
Fuis-moi , comme l'oD Ant les poisons de Sardai^^ne.
L'île de Sardaigne i>ortait nne herbe fort singulière ; ceux qui en avaient mangé mouraient en riant malgré eux. C'est de lii qu*on appelle nn ris forcé, ris
sardonien.
L'arbre chéri d'Akide orne bien on rirage. .
Le peuplier. Hercule s*en couronna lorsqu'il descendit aux enfers.
EdLOCJVE VIII.