‹ Œuvres complètesChapitre 39 sur 73 · A MADAME DU PERCHE · texte numérisé non relu

A MADAME DU PERCHE

Ct^EST assez chanter: je me porte à merveille; c'est toat ce que je sais de meilleur de ce pays -ci. Je crois qu'il n'est rien arrivé d'amusant sur la route

X Lorsque 'Vér-Vert parut, la supérieure de la Visitation engagea sou frère , qui était ministre , à demander aux jésuites la punition du scandale que l'auteur avait causé , disait-elle, par la publication de cet ouvrage. Les jésuites transférèrent Gresset de Tours à La Flèche^ où le P. Bougeant a été également exilé pour son Anuuemtnt philotophiqu* Htr h langaga du béte» , et on il est mort de chagrin. L'ennui gagna Gresset dans cette demeure; s'il avait été comme son ami , lié par des vœux , il y serait peut» être mort aussi : mais au bout d'un an il donna sa démission de jésuite, et obtint par ce moyen une liberté qu'on lui aurait probablemonl refusée.

Gresset , en adressant son voyage à madame du Perche , y

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que j*ai faite : c'est le pays le plus désert et leplos mort que j'aie encore vu.

En quittant ces bords pleins de charmes, l'n jour auparavant égayés par nos ris ,

Presque tenté de verser quatre larmes, Je suivais lentement des sentiers moins fleuris :

Frappé d'une humeur léthargique ,

Toujours confident de mon cœur, Mon esprit se livrait à ma tendre douleur ;

Et l'allure mélancolique

De ma monture apoplectique

Redoublait encor ma langueur :

Quand enfin , réveillé par le bruit des sonnettes Du Mercure crotté qui guidait nos masettes.

Je vis les compagnons auxquels , dans ce beau cours,

Le sort m'attelait pour deux jours.

De cinq qu'ils étaient je ne vous parlerai que d'un: les autres n'étaient là que pour balayer quatorze lieues de crotte, et me parurent avoir pris congé

avait joint deax chansons , dont l'une en patois toarang^n. Ces denx pièces n'ont point été conservées ; il paraît qa'dles ii'.*ivairnt que le mérite do celles que l'on compose pour l'aniit^riTicnt des sociétés : ainsi elles ne sont point à regretter.

A La !T, liCifE. iS:i

' depuis long-lempi de tout esprit d'amusemenl ; a l'eic«ptiou d'un mien coufrère , qui riait à répélition uoe fois par heure, et qui est, pour la gaité, de la" même Ireoipe ■ peu près que le cadet de la Vedette, quand il sable uu œuf à la Hurtault. Aiusi mou unique consolation fut un lieuji cordelier qui revenait des eaui: de Bourbon pour te Aùre enterrer a la Flèche.

Atteodti la paralysie , Il ne pouiait chenucher aisément ; Mais à l'aide d'uD eabestau Nous le guindions artislement Sur la pileuse baquenée Que le diable avait condamnée 4 reniparter le révérend.

Quoique le bon pattr o'tHX plus que lei facultés de l'ame, il tlchaîl encore d'èlre drAle, et me contait de la meilleure foi du monde toutes >es histoires: je vous les dirais bien, mais je ne me charge point de les écrire. Il est ici le geôlier de trenteijuBlre nonnes qui le font enrager, à ce qu'il m'asïura : mais je brise sur cet article.

i.llaqnei-vous par quelque raillerie

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Un régiment d'infanterie?

Mars ne fera qu'en rire, il s'en amusera:

Mais si, par malheur, votre muse A draper les nonnes s'amuse , L'amour-propre s'en v^agera ; Dévotement il rugira , Et bientôt il vous poursuivra Jusqu'à la Flèche, et par-delà...

J'en reviens à mon bon homme. Il m^amusa de son mieux , et tâcha de faire les beaux jours du voyage.

Mais quoi qu'il fît pour s'égayer, Un cordelier paralytique , Ce n'est plus dans la république Ce qu'on appelle un cordelier.

Nous passâmes par je ne sais quel bourg où notre messager nous promettait comme un magnifique spectacle un jour de grande foire,

Où l'on venait de vingt cantons.

J'y vins, et vis trois ânes, cinq moutons, Et deux lambeaux de toile grise;

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