DE LA PATRIE
IJahs cet asile solitaire
Suis-moi , viens charnier ma langueur,
Muse , unique dépositaire ^
Des ennuis secrets de mon cœur.
Aux ris, aux jeu^ quand tout conspire.
Pardonne si je prends ta lyre
Pour n*exprimer qiie des regrets :
Plus sensible que Philomèle,
Je viens soupirer avec elle
Dam le âlenee des forêts.
En vain sur cette aimable rive La jeune Flore est de retour ;
En vain Cércs, long-temps captive, Ou\Te sou sein au dieu du jour :
Dans ma lente mélancolie , Ce Tempe, cette autre Idalie N'a pour moi rien de gracieux ; L*amour d une chère patrie Rappelle mou ame attendrie Sur des bords plus beaux à mes yeux.
Loin du séjour que je regrette J'ai déjà vu quatre printemps ; Une inquiétude secrète En a marqué tous les instants; De cette demeure chérie IJne importune rêverie Me retrace Téloignement.
Faut-il qu'un souvenir que j*aime, Loin d*adoucir ma peine extrême , En aigrisse le sentiment ?
Mais que dis-je ? forçant lobstade Qui me sépare de ces lieux, Mon esprit se donne un spectacle Dont ne peuvent jouir mes yeux.
Pourquoi m'en ferais-je une peine ?