‹ Œuvres complètesChapitre 5 sur 73 · SUR L'AMOUR DE LA PATRIE · texte numérisé non relu

SUR L'AMOUR DE LA PATRIE

La douce erreur qui me nunèoe Vers les objets de mes soupirs Est le seul plaisir qui me res|e Dans la privation funeste D'im bien qui manque à mes désirs.

Soit instinct, soit reconnaissance, L'homme , par un penchant secret , Chérit le lieu de sa naissanœ, Et ne le quitte qu*À regret ; Les cavernes hjperborées, Les plus odieuses contrées .Savent plaire à leurs hâibitants; Sur nos délicieux rivages Transplantez ces ptuples sauvages, Tous les y verrez moins contents.

Sans ce penchant quyious domine Par un invisible ressort, Le laboureur en sa chaumine Tivrait-il content de son sort ?

Hélas ! au foyer de ses pères , Triste héritier de leurs misères , Que pourrait-il trouver d'attraits, Si la naissance et l'habitude

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Ne lui rendaient sa solitude Plus charmante que les palais?

Souvent la fortune , un caprice ,

Ou Tamour de la nouveauté.

Entraîne au loin notre avarice

Ou notre curiosité;

Mais sous quelque beau ciel qu*on erre.

Il est toujours une autre terre

D*où le ciel nous parait plus beau :

Loin que sa tendresse varie.

Cette estime de la pairie

Suit rhomme au-delà du tombeau.

Oui , dans sa course déplorée S'il succombe au dernier sommeil Sans revoir la douce contrée . * Où brilla son premi^ soleil^ Là son dernier soupSf s'adresse; Là son expirante tendresse Teut que ses os soient ramenés:

D'une région étrangère \jk terre serait moins légère A ses mânes abandonnés.

Ainsi , par le jaloux Auguste

SUR L'AMOUR DE LA PATRIE. i5

Banni de ton climat natal , Oride, quand la Parque injuste Tallait frapper du trait fatal , Craignant que ton ombre exilée , Aux ombres des Scythes mêlée, IN 'errât sur des bords^'inhunuiins, Tu priab que ta cendre libre , '

Rapportée aux rives du Tibre , ' Fût jointe aux cendres des Romains ' .

Heureux qui , des mers atlantiques

Au toit paternel revenu,

Consacre à ses dieux domestiques

Un repos enfin obtenu ! "^

Plus heureux le mortel sensible

Qui restoycito^n paisible,

Où la nkure l'a placé ,

Jusqu'à ce que sa dernière heure^

Ouvre la dernière demaure

Où ses aïeux Kont devancé I

Ceux qu'un destin fixe et tranquille Retient sous ^rs propres lambris ,

i Trist. , 1. III , E. 3.

ptI

Possèdent ce bonheur Êidle Sans en bien connaître le pri\ ; Peut-être même fiitiguée D^être aux mêmes lieux reléguée , Leur ame ignore ces douceuifs:

n ne faudrait qu^un an d'absence Pour leur apprendre la puissance Que la patrie a sur les cœurs.

Pour fixer le volage Ulysse,

Jouet de Neptune irrité,

En vain Calypso , plus propice,

Lui promet Timmortalité :

Peu touché d'une île charmante,

A Pluton, malgré son amante.

De ses jours il soumet le fil; ti

Âimaut mieux , dans sa cour déseifc ,

Descendre au tombeau de Laërte,

Qu'être immortel dans un exil.

A ces traits qui peut méconnaître L'amour généreux et puissant Dont le séjour qui nous voi||naître S'attache notre cœur naissant ?

C^e noble amour dans la disgrâce

;ajuocr de la patrie.

Eil pria Miaiha.

i , par dei roules Douiulles,

in d'un ciel élrauger.

ur, source de merveille»,

irHoDièredaiBles leillis, ilte dans les hasirds ; luilrcs fails sublimes , i&ces DiagDaninica

iTlios reObrt rapide , r d'un Défie iulrépide , luûuieal d'un Codrus.

étrange buarrrrie [;es stoiqucs errants ,

■loired'en vivre abseols?

1 de citoyens du lutiiule I leur secte vapabonde

i8 ODE IL

Crut se faire im titre immortel ; L'Erreur adora ces faux sages; La Raison , juste en ses hommages , rTencensa jamais leur autel.

Que tout le Lycée en réclame ,

Je ne connais point pour vertu

Un goût par qui je vois de i*ame

Le plus cher instinct combattu.

S'il faut ^immoler la nature ,

Je t'abhorre, sagesse dure,

A mes yeux tu n*A qu'une erreur.

Insensé le mortel sauvage

Qui y pour avoir le nom de sage» ^

Ose cesser d'avoir un cœur !

Bords de la Somme, aimables plaines.

Dont m'éloigne un destin Jaloux, . Que ne puis-je briser les chaînes Qui me retiennent loin de vous ! ' Que ne puis-je, exempt de contrainte.

Échapper de ce labyrinthe Par un industrieux essor , Et jouir enfin sans alarmes D'un séjour où régnent les charmes Et les vertus de l'âge d'or !

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