‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 37 sur 115 · DE L'IMPUDENT · texte numérisé non relu

DE L'IMPUDENT

sert eiisuiie Je l'huile d'un autre, et épargne la sienne. Il envie à ses propres valets qui le suivent, la plus petite pièce de inonnoie qu'ils auront ramassée dans les rues, et il ne manque point d'en retenir sa part avec ce mot : Mercure est commun (9). Il fait pis : il distribue à ses domesticjues leurs provisions dans une certaine mesure (10) dont le fond, creux par-dessous, s'enfonce en dedans et s'élève comme en pyramide; et quand elle est pleine, il la rase lui-même avec le rouleau le plus

près (ju'il peut (11) De même s'il paye à

quelqu'un trente mines (12) qu'il lui doit, il fait si bien qu'il y manque quatre drachmes (13) dont il profite. Mais, dans ces grands repas où il faut traiter toute une tribu (14), il fait recueillir, par ceux de ses domestiques qui ont soin de la table, le reste des viandes qui ont été servies, pour lui en rendre compte : il seroit fâché de leur laisser une rave ;"i demi mangée.

NOTES

(1) 11 me semble que ce Caractère seroit mieux intitulù de l'Impertinence. La définition de Thcophraste dit mot .'i mot : « C'est une dérision ouverte et insultante. "

(2) Le grec dit simplement ; « Voyant venir vers lui dei ■. femmes honnêtes, il est capable de se retrousser et de " montrer sa nudité. ' L'impertinent ne prend point de prétexte.

DE L'IMPLDENJ. 113

(3) Le verbe grec employé ici signifie " levant la ttle n . La Bruyère paroît avoir été induit en erreur, ainsi que l'a déjà observé M. Coray , par la traduction de Casaubon, qui rend ce mot par resiipinato corpore. On trouvera d'autres détails sur la conduite des Athéniens au spectacle, dans le Voyage du jeune AnacJiar sis, chap. LXX.

(4) « Les vingt mille citoyens d'Athènes, dit Démosthène, « ne cessent de fréquenter la place, occupés de leurs affaires « ou de celles de l'Etat. »

(5) Il paroît que ces femmes servoient aux plais'rs des convivespar des complaisances obscènes. (Voyez Aristopii., Yesp.,y. 1337.)

(6) II y avoit des gens fainéants et désoccnpés qui s'assembloient dans leurs boutiques. [?\ole Je La Lruyère.)

(7) Les traits suivants, jusqu'à la fin du chapitre, ne conviennent nullement à ce Caractère, et ne sont que des fragments du Caractère .\xx, du Gain sordide, transportés ici mal à propos, dans les copies défectueuses et altérées par lesquelles les quinze premiers chapitres de cet ouvrage nous ont été transmis. (Vovez ci-après, p. 159, la note 1 du ch. XVI.) On trouvera une traduction plus c.vaclede ces traits au cil. xxx, ou ils se trouvent à leur pluce naturelle, et considérablement augmentés.

(8) L'architecte qui avoit bâti l'amphithéâtre, et à qui la Piépubliijue donnoit le louage des places en pavement. {Note de La Bruyère.) Ou bien l'entrepreneur du. spectacle. Au reste , le grec dit seulement : « Lorsque les enlre- « preneurs laissent entrer gratis. » La paraphrase de La Bruyère est une conjecture de Casaubon, que JM. Barthélémy paroît n'avoir pas adoptée; car il dit, en citant

lU DE L'IMl'UDENT.

ce passade , que les entrepreneurs donnoient quelquefois le spectacle gratis.

(9) Proverbe grec, qui revient à notre « Je retiens part » . (JVofe de La Bruyère.) Les mots suivants, que La Bruyère a traduits par « Il fait pis » , étoient corrompus dans l'ancien texte : dans le manuscrit du Vatican ce n'est qu'une formule qui veut dire, « et autres traits de ce genre. » (Voyez ci-après, page 129, chap. xvi, note 1.)

(10) Le grec dit, « Avec une mesure de Pliidon, etc. » Phidon étoit un roi d'Argos qui a vécu du temps d'Homère, et qui est censé avoir inventé les monnoies , les poids et les mesures. Voyez les notes de Duport.

(11) Quelque chose manque ici dans le texte. [Note de La Bruyère.) Le manuscrit du Vatican, qui contient ce trait au cli. xxx , complète la phrase que La Bruyère n'a point traduite. Il en résulte le sens suivant : « Il abuse de « la complaisance de ses amis pour se faire céder à bon « marché des objets qu'il revend ensuite à profit. »

(12) Mine se doit prendre ici pour une pièce de nionnoie. (Note de La Bruyère.) La mine n'étoit qu'une monnoie fictive : M. Barthélémy l'évalue à 90 livres tournois.

(13) Drachmes, petites pièces de raonnoie, dont il falloit cent à Athènes pour faire une mine. [Xote de La Bruyère.) D'après le calcul de M. Barthélémy, la drachme valoit 18 sous de France.

(14) Athènes étoit partagée en plusieurs tribus. Voyez le chapitre de la Médisance. (Note de La Bruyère.) Le texte dit, " Sa curie. • Voyez les notes 3 et 7 du Caractère précédent.

La Bruyère a omis les mots : « Il demande sur le service • commun une portion pour ses enfants. «

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