‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 126 sur 146 · Voyez ce mot au Lexique · texte numérisé non relu

Voyez ce mot au Lexique

3. Il s'agit des Révérends Pères jésuites du Pxosel et AUeaume, qui prenaient part à l'éducation du duc de Bourbon. (Voyez p. 39 i.)

sonne (railleurs ne m'en a parlé avec plus d'éloge qu'ils ont fait : je le lui ai dit comme cela, et il a été fort aise de leur approbation.

Je suis, etc.

Fontainebleau, 2 octobre 1685.

Monseigneur,

Hier lundi, le matin et le soir, je fis étudier M. le duc de Bourbon; j'ai fait la même chose aujourd'hui. Ainsi depuis dimanche au soir j'ai eu avec Son Altesse quatre longs entretiens sur l'histoire de Louis XII, qui s'achemine par Là vers sa fin. Elle m'envoie quérir dès qu'elle a le moindre intervalle qu'elle peut donner à ses études, et me tient fidèlement la parole que j'ai eue^ d'elle à Chambord, qu'elle remplaceroit ici le temps perdu à la chasse et aux divertissements, en m' accordant toutes les heures qu'elle auroit de libres à Fontainebleau ^ Je dois donc assurer Votre Altesse Sérénissime que tout commence fort

" « Que j'ai eu » dans la lettre autographe.

1. Ceci répond à des observations qu'avait adressées le Prince de Condé à M. le Duc : « Je ne puis m'ompêcher de vous témoigner qu'il me revient de tous les côtés que votre fils va tous les jours à la chasse. J'appréhende que ce violent exercice, et particulièrement la chasse du loup, qui est la plus violente du monde, ne le fasse malade. Prenez-y garde , cela l'empêche d'étudier. Il deviendra un fort boa veneur, mais ignorant dans tout ce qu'il faut qu'il sache. C'est à vous à y remédier et à songer à sa vie, à sa santé et à sa bonne éducation. Je vous prie de n'attendre pas à y remédier quand il ne sera plus temps. » (Lettre qui fait partie des Archives de Me' le duc d'Aumalc.)

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bien ici, et qu'il y a nuMne lieu d'espérer que la fui répondra au commencement. Nous en sommes présentement cà la révolte des Génois, à leur punition et à l'entrée du roi Louis \II dans leur ville : cela me donne l'occasion d'entretenir M. le duc de Bourbon de la république de Gènes, de lui en faire l'histoire dès son premier établissement jusques à ses dernières soumissions à Versailles, dont nous avons été les témoins'. Si ces sortes de digressions ne déplaisent point à Votre Altesse, je continuerai de faire ainsi de chaque État, royaume ou république, que je lui expliquerai eu détail, mais pourtant fort succinctement et sans retarder le cours de notre histoire ordinaire et qui fait la marche de nos études. Il a présentement assez d'application, et telle que j'en suis content. Dès que je le serai moins, vous en serez aussitôt averti ; je le lui fais entendre ainsi de temps en temps pour me faire écouter. Je ne désire rien au monde plus fortememt que de pouvoir lui être utile par mes soins, et vous persuader que je suis avec tout le respect que je dois, etc.

Fontainebleau [octobre 1685].

Monseigneur.

Je crois que Votre Altesse Sérénissime est informée que les études de M. le duc de Bourbon sont fort régulières à Fontainebleau. M. Sauveur travaille avec lui tous les matins, depuis dix heures jusques à onze; les Révé-

1. Le doge de Gênes était venu, avec quatre sénateurs, faire à Versailles les soumissions exigées par Louis XIV, en mai 1085.

rends Pères ^ et moi alternativement tous les matins, depuis onze heures jusqiies à midi et demi. J'ai outre cela toutes les après-dînées, où je travaille deux heures, depuis trois jusques à cinq, avec Son Altesse : ces après-dînées sont consacrées à l'histoire; et les matins, un jour à la géographie jointe aux gouvernements, l'autre jour aux généalogies et à la fable : cela sans interruption, ainsi que M. le Duc l'a ordonné. Nous parlâmes hier, dans notre entretien de l'après-dînée, de la bataille de Ravenne, et ainsi nous voilà à la fin de la vie de Louis XII. Je lui fais toujours répéter la Flandre, l'Allemagne, la France, la Hongrie, afin qu'il retienne mieux des choses si essentielles et qu'il sache les noms par cœur. Il saura à la fin de ce mois les généalogies des maisons de Haute Bavière, Palatine, et les deux Autriches, et ira bien avant dans les Métamorj^hoses. Il a pour tout cela une application dont je suis content, qui va encore s'accroître par le désir qu'a Son Altesse M. le Duc de lui faire répéter de temps en temps : la nécessité de rendre compte l'intéressera beaucoup à bien étudier et me sera de quelque soulagement. Je suis avec tout le respect que je dois, etc. -

Foutaineblcau [novembre 1685J.

Monseigneur.

Il y a trois jours que nous avons achevé d'écrire la

1. Le P. du Rosel et le P. Alleaume. (Voyez la Lettre VII*.) i. Dans l'cdition de M. Servois, cette lettre est classée la X^ et celle ([ue nous mettons la X* a le numéro IX. Nos raisons pour changer l'ordre,

AU PRINCE DE CONDÉ. 39o

vie de Louis XII; je la n-pète encore une fois à M. le duc de Bourbon, afin qu'il la sache mieux. Je ne le ferai plus écrire et commencerai à lui faire lire les mémoires à François P% pour suivre cette pratique dans les suivants jusqu'à celui-ci. J'assure Votre Altesse Sérénissime qu'il est appliqué et que j'en suis content. Il apprend par cœur les généalogies et la géographie. Je suis avec un profond respect, etc.

Fontainebleau, novembre 108'>.

Monseigneur.

Je dispose M. le duc de liourbon à pouvoir vous rendre compte, à votre retour à Versailles, de toute la vie de Louis XII, dont je lui fais une répétition qui sera terminée h peu près dans le temps que l'on partira de Fontainebleau. Je me trouve toujours obligé à repasser par tous les endroits de la carte qu'il a déjà vus et qui sont les plus indispensables à savoir, à faire la même chose de ce que l'on a appelé gouvernements, et ainsi des généalogies : je ne vois point d'autre moyen de lui rendre tout cela propre et familier. La fable avance assez, et il la retient avec la facilité ordinaire. Je lui ferai revoir à Versailles quelque chose du blason, les principes et la pratique : j'ai peur qu'il ne l'ait un peu oublié. Il apprend par cœur

sont : 1° que dans la lettre mise ici la IX*, on en est à la fin du règne de Louis XII; 2° que dans la suivante, ce règne est achevé, et qu'on commence à le répéter; 3° qu'on achève cette répétition à la lettre XV,

ce qu'il a intérêt de mieux savoir clans toutes ses diiïérentes études. Elles sont interrompues par la chasse du loup, les autres chasses, et par les plaisirs de la cour; je dois seulement assurer Votre Altesse que le temps que nous avons libre est utilement employé, et que je réveille l'attention de M. le duc de Bourbon par tout ce que je puis, et que j'en suis assez content. Je suis avec un profond respect, etc.

Versailles, 7 janvier 1686.

Monseigneur,

Hier dimanche, à six heures du soir, M™'Ma Duchesse^ envoya quérir M. le duc de Bourbon; il entra dans son cabinet au château -, je l'accompagnai; je lui fis rendre compte de la généalogie de François P'', et comment il avoit succédé à Louis XII, quelles prétentions il avoit sur le duché de Milan contre la famille des Sforces usurpateurs, son entreprise sur le Milanez, le passage des Alpes; l'opposition des Suisses, la surprise de Yillefrance% où étoit Prosper Colonne avec les troupes du Pape, tout le détail de la bataille de Marignan, les fruits de cette victoire, l'abouchement du Roi avec Léon X, la mort de Pempereur Maximilien, les brigues de François I" et de Charles roi d'Espagne, pour être élevés à l'Empire, les

1 . M"'« la Duchesse, la mère du duc de Bourbon. '2. Au château de Versailles.

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