‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 132 sur 146 · PHÉLYPEAUX* A LA 1511 L Y K R E · texte numérisé non relu

PHÉLYPEAUX* A LA 1511 L Y K R E

Brest. 5 juillot lG9i.

11 me semble, monsieur, si je ne me trompe, d'avoir lu dans votre excellent livre des Mœurs de ce siècle que l'amour-propre nous expose souvent à de grands inconvénients. Il faut assurément que vous ne vous souveniez pas de ce passage, ou que vous ne le preniez pas pour vous, et que vous soyez aussi amoureux de vous-même que le Narcisse de Chantilly % pour croire que lorsque nous sommes seuls, M. de la Loubère et moi, nous ne passons pas un seul moment sans songer à vous : il faudroit ([ue nous n'eussions guère de choses à faire. Je vous dirai, moi, pour rabattre un peu de votre vanité, que sans votre lettre nous n'aurions peut-être pas fait réllexion que vous fussiez au monde, et que notre voyage se seroit passé sans qu'il eût été fait mention de vous. Sérieusement parlant, vous êtes un grand paresseux depuis près de deux mois que je suis parti. Vous ne m'avez donné aucun signe de vie, et vous méritez bien les reproches que je vous fais. Cependant je me sens trop de penchant à vous pardonner,

1. Jérôme Phélypeaux, qui devint, après lu mort do son père (1727), comte de Pontchartrain, était depuis 1692 conseiller au parlement, et en 1093, fut nommé survivancier de la cliargc de secrétaire d'État de la marine, alors occupée par son père. — « Son père, dit Saint-Simon [Note sur le Journal de Dangeau, t. V, p. 248), l'avoit envoyé faire une tournée par les ports du royaume pour apprendre, où il fut reçu partout en fils de France. » C'est pendant cette tournée qu'il écrivit à La Bruyère.

2. Lettre qui provient, ainsi que la suivante, de registres contenant les copies des lettres de Phélypeaux fils (aux archives du ministère de la marine), et publiées pour la première fois par M. Depping, dans le Bulletin du comité historique des monuments écrits de Vhistoire de France, t. II, p. 55.

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