Signe d'une très-antique noblesse
3. Heaume, ancien mot signifiant casque, mais un casque d'une certaine forme. Il couvrait le visage et n'avait d'ouverture qu'à l'endroit des yeux.
4. « Les armoiries des nouvelles maisons sont pour la grande partie les enseignes de leurs anciennes boutiques. » {Menagiana, t. III, p. 3.50.) — Les clefs citent par exemple les Le Camus, qui avaient dans leurs armes un pélican, qui avait été sur renseigne d'un père ou d'un grand-père, riche marchand do la rue Saint-Honoré.
.5. Qui diable vous a fait aussi vous aviser
A quarante-deux ans do vous débaptiser, Et d'un vieux tronc pourri de votre métairie
[7] Un bon gentilhomme veut passer pour un petit seigneur, et il y parvient. Un grand seigneur affecte la principauté, et il use de tant de précautions qu'à force de beaux noms, de disputes sur le rang et les préséances de nouvelles armes, et d'une généalogie que d'Hozier* ne lui a pas faite, il devient enfin un petit prince^-.
[8] Les grands en toutes choses se forment et se moulent sur de plus grands, qui de leur part, pour n'avoir rien de commun avec leurs inférieurs, renoncent volontiers à toutes les rubriques d'honneurs et de distinctions dont leur condition se trouve chargée, et préfèrent à cette servitude une vie plus libre et plus commode^. Ceux qui suivent leur piste observent déjà par
^ Édition 4^.
Vous faire dans le monde un nom de seigneurie?...
Je sais un paysan qu'on appel it Gros-Pierre,
Qui, n'ayant pour tout bien qu'un seul quartier de terre,
Y fit tout à l'eutour faire un f jssé bourbeux,
Et de monsieur de l'Isle en prit le nom pompeux.
(Molière, l'École des Femmes, I, i.)
1. D'Hozier, également cite par Boileau pour ses généalogies plus ou moins authentiques :
Mais quand un homme est riche, il vaut toujours son prix.
N'oût-il ne son vrai nom ni titre ni mémoire, D'Hozier lui trouvera cent aïeux dans l'histoire.
{Satire III.)
i. Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs. Tout petit prince a des ambassadeurs, Tout marquis veut avoir des pages.
(L.\ FoM.\ixE, Fables, liv. I, fable m : la Grenouille et le Bœuf.)
3. Clefs du xviii* siècle : « Allusion à ce que feu Monsieur, pour s'approcher de monseigneur le Dauphin, ne vouloit plus qu'on le traitât û'Altesse Royale, mais qu'on lui parlât par vous, comme l'on faisoit à Monseigneur et aux enfants de France. »
émulation cette simplicité et cette modestie : tous ainsi se réduiront par hauteur à vivre naturellement et comme le peuple. Horrible inconvénient '' !
[9] Certaines gens portent trois noms, de peur d'en manquer : ils en ont pour la campagne et pour la ville, pour les lieux de leur service ou de leur emploi. D'autres ont un seul nom dissyllabe, qu'ils anoblissent par des particules dés que leur fortune devient meilleure. Celui-ci par la suppression d'une syllabe '" fait de son nom obscur un nom illustre^, celui-là parle changement d'une lettre en une autre se travestit, et de Syriis" devient Cijrus. Plusieurs suppriment leurs noms, qu'ils pourroient conserver sans honte, pour en adopter de plus beaux, où ils n'ont qu'à perdre par la comparaison que l'on fait toujours d'eux qui les portent, avec les grands hommes qui les ont portés. Il s'en trouve enfin qui, nés à l'ombre des clochers de Paris, veulent être Flamands ou Italiens, comme si la roture n'étoit pas de tout pays, allongent leurs noms françois d'une terminaison étrangère % et croient que venir de bon lieu c'est venir de loin ^
[10] Le besoin d'argent a réconcilié la noblesse avec la roture, et a fait évanouir la preuve des quatre quartiers \
" Édition 8''.
'' « Par la supposition d'une syllabe. <> (Édit. ^''-G'".)
* Édition 4**.
i. Exemple fourni par les clefs : « Delrieux, maître d'hùtel ordinaire du roi, s'est fait nommer de Rieux. »