DISCOURS SUR TH ÈOPIIRASTE
toute autre doctrine ne leur plaît pas. Les autres, contents que l'on réduise les mœurs aux passions et que l'on explique celles-ci par le mouvement du sang, par celui des fibres et des artères S quittent un auteur de tout le reste.
Il s'en trouve d'un troisième ordre, qui, persuadés que toute doctrine des mœurs doit tendre à les réformer, à discerner les bonnes d'avec les mauvaises, et à démêler dans les hommes ce qu'il y a de vain, de foible et de ridicule, d'avec ce qu'ils peuvent avoir de bon, de sain et de louable, se plaisent infiniment dans la lecture des livres qui, supposant les principes physiques et moraux rebattus par les anciens et les modernes, se jettent d'abord dans leur application aux mœurs du temps, corrigent les hommes les uns par les autres, par ces images de choses qui leur sont si familières, et dont néanmoins ils ne s'avisoient pas de tirer leur instruction.
Tel est le traité des Caractères des mœurs - que nous a laissé Théophraste. Il l'a puisé dans les Éthiques ^ et dans X^'A grandes Morales d'Aristote% dont il fut le disciple^.
* M Dans les Éthiques et les grandes Morales d'Aristote. » (Édit. l'''-7''.~
1. Allusion aux Caractères des passions, de Martin Cureau de la Chambre (de 1640 à 1662), et surtout au livre des Passions de l'âme, de Descartes (1649).