‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 53 sur 146 · Sancti Hieronymi Epistolœ selectœ, II · texte numérisé non relu

Sancti Hieronymi Epistolœ selectœ, II

2. Diogène de Laerte (en Cilicie), nomme par altération Diogène Laerce, est un écrivain grec du ii'' siècle de l'ère chrétienne, qui a laissé sur la vie et les doctrines des philosophes célèbres un ouvrage en dix livres. Presque tous les détails que La Bruyère va donner sur Théophraste, dans ce Discours, sont empruntés à Diogène de Laerte (liv. V, chap. ii). La Bruyère a puisé les autres dans le Commentaire de Casaubon sur les Caractères de Théophraste et dans celui de Ménage sur Diogène de Laerte.

3. Ces cinq chapitres ont été découverts en 1742 dans un manuscrit du Vatican, et publiés pour la première fois à Parme en 178G.

4. Ils ont été publiés pour la première fois dans la seconde édition du Théophraste de Casaubon (1599).

5. A cette question de la composition du livre des Caractères s'en rattache une autre, qui n'est pas posée ici par La Bruyère, mais qui l'a été par la critii{ue moderne : c'est celle de l'authenticité de ce livre. Les diffé-

DISCOURS SUR TlIÉOl'ilRASTE. Kil

lui elTet, il a toujours ét(' lu connue un chef-d'a'uvre dans son genre : il ne se voit rien où le goût attique se fasse mieux reinai'quer et où l'élégance grecque éclate davantage; on l'a appelé un livre d'or. Les savants, faisant attention à la diversité des mœurs qui y sont traitées et à la manière naïve dont tous les caractères y sont exprimés, et la comparant d'ailleurs avec celle du poëte Ménandre, disciple de Tliéophraste', et qui servit ensuite de

rentes opinions qui se sont produites sur ce point sont ainsi exposées par Stiévenart (Introduction à sa traduction nouvelle des Caractères, p, LS) : « Longtemps on n"en a connu que des manuscrits très-incomplets. Ainsi les quinze premiers chapitres sont désignés comme faisant partie des extraits de Stobée, trouvés en 1512 ; les huit suivants furent publiés en 155"2 l);ir Camosio. Quarante-sept ans plus tard, Casaubon en donna cinq nouveaux, di'couvcrts dans un manuscrit de Heidelberg. Le vingt-neuvième et le trentième dont on ne connaissait que les titres, furent trouvés en 174'2 par Prospero Petroni à la bibliothèque du Vatican. Amaduzzi les publia à Parme en 178G. Cet étrange morcellement a fait naître les premières objections contre l'authenticité du livre. De savants critiques (Siebenkees, Schweighaeuser, Walz) n'y voient qu'un recueil d'exemples applicables à des préceptes de rhétorique; d'autres (J.-V. Leclerc), des passages altérés d'une théorie que Tliéophraste avait donnée sur Fart comique. Ceux-ci (Walkcnaer, Porson, Eichstiedt), sans rechercher le véritable auteur, ne reconnaissent nullement ici les 'HOiy.oî Xap.x-/.'ripî; désignés par Diogène de Laerte et le lexico^^raphe Suidas; ceux-là (l'urney, Sinner) croient lire d'anciens fragments de comédies grecques. Beck et Ast font la part de Tliéophraste et celle des interpolateurs; Sonntag et Ficker attaquent la Préface seulement, et veulent que les chapitres aient été tirés, après coup, des Œuvres complètes de ce fécond écrivain. Selon Schneider, ce livre ne contient que des extraits fort inégaux de l'ouvrage spécial de Théophraste ; selon M. de Bcrneaud et M. Diibner, il faut, ce cercle parcouru, revenir à rojtinion des premiers éditeurs : nous avons bien là le livre du disciple d'Aristote, mais il est incomplet. » Les divers motifs sur lesquels s'appuient toutes ces opinions ont été exposés en détail par Chardon de la Piochette {Mélanges, t. II, p. 100) et par Letronne [Journal des savants, 1841). Selon M. Stiévenart enfin, « si les Caractères, tels qu'ils nous sont parvenus, ne sont pas, en tout ou en partie, de la main de Théophraste, ils remontent, du moins, aux premières années de l'école à laquelle se rattache son nom», c'est-à-dire de l'école péripatéticienne.

1. Ménandre, le plus célèbre poète de la Comédie nouvelle, est né à Athènes en 342 et mort en 'i'JO avant J.-C. Neveu du poëte comique Alexis,

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