‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 67 sur 146 · IVJ. DE LA RUSTICITÉ · texte numérisé non relu

IVJ. DE LA RUSTICITÉ

11 semble ({iie la rusticité ii'est autre cliose qu'une ignorance grossière des bienséances. L'on voit en elFct des gens rustiques et sans rédexion sortir un jour de médecine', et se trouver en cet état dans un lieu inihVic parmi le monde- ; ne pas faire la dillerence de l'odeur forte du thym ou de la marjolaine d"avec les paifums les plus ùrVicieux'^; être chaussés large et grossièrement; parler haut et )ie pouvoir tte rcduire à un Ion de coi.v modéré; ne se pas fier à leurs amis ,sur les moindres ajfdires, pendant cptils s'en en/retiennent tirée leurs domestiques'*, jii^([iie^ à rendre compte à leurs moindres valets ° de ce qui aura été dit dans une assemblée publique. On les voit assis, leur robe relevée jusqu'aux genoux et d'une manière iiidt'cenle. 11 ne leur urrirc pus en toute leur vie de rien admirer, ni de paroitre surpris des choses les plus extraordinaires que l'on rencontre sur les chemins; mais si c'est un bœuf, un âne, ou un vieux bouc, alors ils s'arrêtent et }u' se lassent point de les contemj)ler. Si cpielquefois ils entrent dans leur cuisine, ils mangent avidement tout ce quils y trou\ent, boivent tout d'une haleine une grande tasse de vin })ur; ils se cachent pour cela de leur servante*^, avec qui d'ailleurs ils vont au moulin, et entrent

1. Le tcxto grec nomme une certaine drogue qui rendoit l'haleine fort mauvaise le jour qu'on Tavoit prise. {Xole de La Bruyère.) — Le texte dit simplement : « ayant bu une mixture. »

'J. Tlicophraste dit : « à l'assemblée publique. »

3. M. Stévenart traduit plus exactement : « Les parfums, à l'entendre, n'exhaleiit pas une odeur plus suave que l'oignon sauvage. »

4. Le texte ajoute : « sur les choses les plus importantes. »

.^. Le texte dit : « à des mercenaires qui travaillent dans les champs. » 0. Il V a en grec : u de la boulangère. »

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((tins les plus petits détails du domestique K Ils interronij>ent leur souper - ; et se lèvent pour donner une poignée d'herbes aux bêtes de charrue' quils ont duiis leurs ctables. Heurte-t-on à leur porte pendant quils dînent, ils sont attentifs et curieux. Vous remarquez toujours proche de leur table un gros chien de cour, qu'ils appellent à eux, qu'ils empoignent par la gueule, en disant : '( Yoilcà celui qui garde la place, qui prend soin de la maison et de ceux qui sont dedans. » Ces gens, épineux dans les pavements qu'on leur fait, rebutent un grand nombre de pièces quils croient légères, ou cjui ne brillent pas assez à leurs yeux, et qu'on est obligé de leur changer. Ils sont occupés pendant la nuit d'une charrue, d'un sac, d'une faux, d'une corbeille, et ils rêvent à qui ils ont prêté ces ustensiles; et lorsqu'ils marchent parla ville : « Combien vaut, demandent-ils au premier qu'ils rencontrent, le poisson salé? Les fourrures se vendent- elles bien? N'est-ce pas aujourd'hui que les jeu.r nous ramènent une nouvelle lune^? » D'autres fois, ne sachant que dire, ils vous apprennent qu'ils vont se faire raser, et qu'ils ne sortent que pour cela. Ce sont ces mêmes personnes que l'on entend chanter dans le bain, qui mettent des clous à leurs souliers % et qui, se trouvant tous'

" « Tous portés. » (Texte des éditions originales.)

1. Le texte dit seulement : « ils vont moudre pour la consommation de toute la famille. »

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