‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 68 sur 146 · Des bœufs. {Note de La Bruyère · texte numérisé non relu

Des bœufs. {Note de La Bruyère

4. Cela est dit rustiquement : un autre diroit que la nouvelle lune ramène ies jeux; et d'ailleurs c'est comme si le jour de Pâques quelqu'un disoit : « N'est-ce pas aujourd'hui Pâques? » {Note de La Bruyère.]

5. Le texte grec, qui est ici interverti, ajoute : « Us portent des chaussures à double semelle et disent : « Voilà vraiment de lu corne. »

Dli TlIKOl'IillASTE. 191

portes^ devant la boiilique d'Archias-, achètent eiix-mènies des viandes salées, et les apportent à la main en pleine rne.

[Y]. 1)1 complaisant''.

Pour faire une dflinition un peu ciuictc de celte allée lation que quelques-uns ont de plaire // tout Je i)W)t(U\ il faut dire que c'est luic nidinèrc de cicre où l'on cherche beaucoup moins ce qui est vertueux et honnête que ce qui est agréable. Celui qui a cette passion, d'aussi loin qu'il aperçoit un homme dans la place, le salue en s'écriant : « Voihà ce qu'on appelle un honune de bien! » l'aborde, l'admire sur les moindres choses, le relient avec ses deux mains, de peur qu'il ne lui échappe ; et, après avoir fait quelques pas avec lui, il lui demande avec empressement quel jour on pouri'a le voir, et enfin ne s'en sépare qu'en lui donnant mille éloges. Si quel([u'un le choisit pour arbitre dans un procès, il ne doit pt/s attendre de lui qu'il lui soit plus favorable qu'à son adversaire : comme il vent plaire a. tous deux, il les ménagera également. C'est dans eette rue que, pour se eoiwilier tous les étrangers f[ui sont dans la ville, il leur dit quelquefois qu'il leur trouve plus de raison et d'éqnité que dans ses concitoyens. S'il est prié d'un repas, il, demande

1. Il y a ici une erreur de texte. La Bruyère a pris le verbe mojon ■/.0[j.((7a(j9ai pour un verbe réflécbi. Le vrai sens est : « il achète do la salaison et il l'emporte. »

2. Fameux marchand de chairs salées, nourriture ordinaire du peuple. {Note de La Bruyère.)

3. Ou de Tenvie de plaire. {Xote de La Bruyère.) — Voir la note au titie du chap. ut.

en ciitrdHt à celui f[ui l'a convié où sont ses enfants; et dès qu'ils paroissciit, il se récrie sur la ressemblance qu'ils ont avec leur père, et que deux figures ne se ressemblent pas mieux; il les fait approcher de lui, il les baise, et les ayant fait asseoir à ses deux côtés, il badine avec eux: « A qui est, dit-il, la petite bouteille? A qui est la jolie cognée '? » 11 les prend ensuite sur lui, et les laisse dormir sur son estomac, quoiqu'il en soit incommodé. Celui enfin qui veut plaire se fait raser souvent, a un fort grand soin de ses dents, rhimge toiia les jours d'habit, et les quitte presque tous neufs ^; il ne sort point cil public qu'il ne soit parfumé ; on ne le voit guère dans les salles publiques - qu'auprès des comptoirs des banquiers^; et dans les écoles^, qu'aux endroits seulement où s'exercent les jeunes gens^; et au théâtre, les Jours de spectacle, que dans les meilleures places et tout proch^ des préteurs. Ces gens encore n'achètent jamais rien pour eux ; mais ils envoient à Byzance toute sorte de bijoux précieux, des chiens de Sparte k Gyzique, et à Pdiodes l'excellent miel du mont Hymette; et ils prennent soin que toute la ville soit informée qu'ils font ces emplettes. Leur maison est toujours remplie de mille choses curieuses fjui font plaisir à roir, ou que l'on peut donner, comme

" Tous neufs. Texte de toutes les éditions originales de La Bruyère.

I. Petits jouets que les Grecs pendoient au cou de leurs enfants. [Note de La Bruyère.) — Sens proposé par Casaubon, mais controversé. Ne sont-ce pas tout simplement dos jouets servant aux amusements des enfants?

'2. Théophraste dit : m dans la place publique. »

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