Sur le théâtre avec des farceurs. [Note de La Bruyère
2. Cette danse, la plus déréglée de toutes, s'appelle en grec cordnx, parce que l'on s'y servoit d'une corde pour faire des postures. {Xote de La Bruyère.] — La responsabilité de cette étymologie hasardée appartient à Casaubon.
3. Choses fort extraordinaires, telles qu'on en voit dans nos foires. {Note de La Bruyère.)
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choisissent pour cela des jours d'assemblée publique, où il y a un grand concours de monde, qui se trouve le témoin de leur insolence. Toujours accablés de procès, que l'on intente contre eux ou qu'ils ont intentés à d'autres, de ceux dont ils se délivrent par de faux serments comme de ceux qui les obligent de comparoître, ils n'oublient jamais de porter leur boîte ^ dans leur sein, et une liasse de papiers entre leurs mains. Vous les voyez dominer parmi de vils praticiens, à qui ils prêtent à usure, retirant chaque jour une obole et demie de chaque dragme-; fréquenter les tavernes, parcourir les lieux où l'on débite le poisson frais ou salé, et consumer ainsi en bonne chère tout le protit qu'ils tirent de cette espèce de trafic ^ En un mot, ils sont querelleux et difficiles, ont sans cesse la bouche ouverte à la calomnie, ont une voix étourdissante, et qu'ils font retentir dans les marchés et dans les boutiques.
[VII]. Di: GRAND PARLEUR*.
Ce que quelques-uns appellent babil^ est proprement une intempérance de langue qui ne ijermet pas à un
1. Une petite boîte de cuivre fort Iijgère, où les plaideurs mettoient leurs titres et les pièces de leur procès, {yole de La Bruyère.)
2. Une obole étoit la sixième partie d'une dragme. {Note de La Bruyère.) — La Bruyère écrit dragme pour drachme, La drachme ancienne équivalait à peu près à 90 centimes; la drachme de la Grère moderne vaut 1 franc.
3. La Bruyère, dit Goray, n'a pas compris ce passage. Le vrai sens est : « il met dans sa bouche les pièces de monnaie que lui rapporte ce trafic. »
4. Ou du babil . {Note de La Bruyère.) — Voir la note au chap. m.
h. Ge mot est en italiques dans les éditions originales de La Bruyère comme familier. — Il en est de même, plus loin, du mot babillard.
homme de se taire. « Vous ne contez pas la chose connne elle est, dira quelqu'un de ces grands parleurs à quiconque veut l'entretenir de quelque aflaire que ce soit : j'ai tout su, et si vous vous donnez la patience de m'écouter, je vous apprendrai tout; » et si cet autre continue de parler : « Vous avez déjà dit cela; songez, poursuit -il, à ne rien oublier K Fort bien ; cela est ainsi, car vous m'avez heureusement remis dans le fait : voyez ce que c'est que de s'entendre les uns les autres -,• » et ensuite : « Mais queveux-je dire? kh\ j'oubliois une chose! oui, c'est cela même, et je voulois voir si vous tomberiez juste dans tout ce que j'en ai appris. » C'est par de telles ou semblables interruptions qu'il ne donne pas le loisir à celui qui lui parle de respirer; et lorsqu'il a comme assassiné de son babil chacun de ceux qui ont voulu lier avec lui quelque entretien, il va se jeter dans un cercle de personnes graves qui traitent ensemble de choses sérieuses, et les met en fuite. De là il entre dans les écoles publiques et dans les lieux des exercices % où il amuse les maîtres par de vains discours, et empêche la jeunesse de profiter de leurs leçons. S'il échappe à quelqu'un de dire : « Je m'en vais, » celui-ci se met à le suivre, et il ne l'abandonne point qu'il ne l'ait remis jusque dans sa maison. Si par hasard il a appris ce qui aura été dit dans une assemblée de ville, il court dans le mêt7îe teiJips le divulguer. II
1. Le sens est : « Si l'on réplique, il interrompt par ces mots : « Avez- « vous dit? N'oubliez pas votre propos. »