‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 76 sur 146 · Le grec dit d"aI)ord ici : « Assigne-moi · texte numérisé non relu

Le grec dit d"aI)ord ici : « Assigne-moi

3. Les Grecs commeuçoient par ces oifrandes leurs repas publics. {Xote de La Bruyère.) — « C'est peut-être une allusion à ces repas que les riches exposaient, à chaque nouvelle lune, dans les carrefours, eu l'honneur de Diane-Hécate, et que les pauvres venaient enlever. » (Siiévenart.)

DE TIli':0PIIR7\STE. 203

quelles raient- et de quelque l)on marché qu'un autre, en leur rendant compte, veuille se prévaloir, ils lui soutiennent toujours qu'il a acheté trop cher. Imphieables à l'égard d'un valet qui atira laissé tomber un pot de terre, ou cassé par malheur quelque vase d'argile, ils lui déduisent cette perte sur sa nourriture ; mais si leurs femmes ont perdu seulement un denier, il faut alors renverser toute une maison, déranger les lits, transporter des coffres, et chercher dans les recoins lesplus cachés ^ Lorsqu'ils vendent, ils n'ont que cette unique chose en vue, qu'il n'y ait qu'cà perdre pour celui qui achète. Il n'est permis à personne de cueillir une figue dans leur jardin, de passer au travers de leur champ, de ramasser une petite branche de palmier, ou quelques olives qui seront tombées de l'arbre. Ils ront tous les Jours se promener sur leurs terres, en remarquent les bornes, voient si l'on n'y a rien changé et si elles sont toujours les mêmes. Us tirent intérêt de l'intérêt , et ee n'est cjuà eette condition qu'ils donnent du temps à leurs eréanciers. S'ils ont invité à diner quelques-uns de leurs amis, et qui ne sont que des personnes du peuple, ils ne feignent point- de leur faire servir un simple hachis^; et on les a vus souvent aller eux-mêmes au marché poiu- ces repas, y trouver tout trop cher, et en revenir sans rien acheter. « Ne prenez pas l'habitude, disent-ils à leurs femmes, de prêter votre sel, votre orge, votre farine, ni même du cumin S de la mar-

1. Stiéveuart traduit ])lus exactement : « fouiller toutes les couvertures. »

2. Ils ne feignent point de, pour ils n'hésitent point à. — Voir ce mot cmiiloyé dans le môme sens, chap. wiv, et le Lexique.

3. Le vrai sens est : « S'il traite les gens de son dême(de sa bourgade), il ne sert les viandes qu'en menus morceaux. »

i. Une sorte d'herbe. {Note de La Bruyère.)

204 LES caracti:res

jolaine*, des gâteaux pour l'autel-, du coton, delà laine; car ces petits détails ne laissent pas de monter, à la fin d'une année, à une grosse somme. » Ces avares, en un mot, ont des trousseaux de clefs rouillées, dont ils ne se servent point, des cassettes où leur (irgciit est en dépôt, qu'ils n ouvrent jamais, et qu'ils laissent moisir dans un coin de leur cabinet-, ils portent des habits qui leur sont trop courts et trop étroits; les plus petites fioles contiennent/^/^w d'huile qu'ils n'en faut pour les oindre; ils ont la tête rasée jusqu'au cuir, se déchaussent vers le milieu du jour^ pour épargner leurs souliers, vont trouver les foulons pour obtenir d'eux de ne pas épargner la craie dans la laine qu'il leur ont donnée à préparer, afin, disent-ils, que leur étoffe se tache moins ^.

[XI]. DE l'impudent ou DE CELUI OUI NE UOUGIT DE RIEN.

L'impudence est facile à définir : il suffit de dire que c'est une profession ouverte d'une plaisanterie outrée, comme de ce qu'il y a de plus honteu.r et de plus contraire à la bienséance. Celui-là, par exemple, est impudent qui, voyant venir vers lui une femme de condition ^ feint dans

1. Elle empêche les viandes de se conompre, ainsi que le thym et le laurier. {Note de La Bruyère.)

2. Faits de farine et de miel, et qui servoient aux sacrifices. {Note de La Bruyère.)

3. Parce que dans cette partie du jour le froid, en toute saison, étoit supportable. {Note de La Bruyère.)

4. C'étoit aussi parce que cet apprêt avec de la craie, comme le pire de tous, et qui rendoit les étoffes dures et grossières, étoit celui qui coùtoit le moins. {Note de La Bruyère.)

Page 1